Voyez p. 227 et 228. — 3. Voyez p
La RocHEForcAui-D. 11 Sa
la fille de la duchesse et du prince de Conti ; il se souvenoit qu'elle avoit plus contribué que personne à la prison des Princes , en disposant Monsieur à y consentir et l'obligeant de n'en rien dire à l'abbé de la Rivière et de l'éloigner ensuite : en sorte que ' la duchesse de Chevreuse, qui ne souhaitoit rien tant que le mariage du prince de Conti et de sa fille, et l'établissement du garde des sceaux, crut venir à bout de l'un et de l'autre en éloignant le Cardinal. Elle se ménagea si bien sur cela, qu'en effet elle eut beaucoup de part à la résolution qu'il prit de se retirer^. Sa retraite n'adoucit point les esprits des Parisiens ni du Parlement. On craignit qu^il ne fût allé au Havre pour en enlever les Princes, et que la Reine n'eût dessein en même temps d'emmener le Roi hors de Paris, de sorte que non-seulement les gardes des portes et des rues près du Palais-Rojal furent redoublées, mais il j avoit toute la nuit des partis de cavalerie par la ville pour empêcher le Roi et la Reine de sortir'. Le Parlement, de son coté, faisoit tous les jours de nouvelles instances pour la liberté des Princes, et les réponses de la cour étant ambiguës, elles aigrissoient les esprits au lieu de les apaiser. On avoit cru éblouir le monde en envoyant le maréchal de Gramont trouver les Princes, et lui-même l'avoit été des belles apparences de ce voyage; mais, comme il ne devait rien produire pour leur liberté , on vit bientôt que ce n'étoit que pour gagner temps. Enfin la Reine voyant augmenter le mal de tous côtés, et ne sachant point certainement si le Cardinal prendroit le parti de délivrer les Princes ou de les emmener avec lui, de plus craignant que les esprits, aigris de tant de remises, ne se portassent enfin à d'étranges extrémités, elle se résolut de promettre au Parlement la liberté des Princes sans plus de remise, et fit partir le duc de la Rochefoucauld, le sieur de la Vrillière, secrétaire d'Etat, et Comminges, capitaine de ses gardes, avec un ordre exprès au sieur de Bar de remettre les Princes en liberté aussitôt qu'il l'auroit reçu*. Le Cardinal en eut avis par la Reine, étant près d'arriver au Havre, et bien qu'il fût en son pouvoir de laisser exécuter cet ordre-là ou d'arrêter prisonnier le duc de la Rochefoucauld et ceux qui l'accompagnoient, il prit le parti de voir lui-même les Princes. Voici ce que j'ai su de cette entrevue : c'est que d'abord le Cardinal voulut justifier sa conduite vers eux, en leur disant les sujets qu'il avoit eus de les faire arrêter, ensuite // leur demanda leur amitié, et leur dit néanmoins avec fierté qu'ils étoient libres de la lui accorder ou de la refuser; et, quoi qu'ils fissent sur
1. Dans l'édition de 1662, dont nous suivons le texte, il y a : a qu'en sorte que » .
2. Voyez p. 229 et 280. — 3. Voyez p. aSi et 232. 4. Voyez p. 232 et 233.
APPENDICE AUX MÉMOIRES. /,c)(,
cela, ils pouvolent, dès ce moment, sortir du Havre et aller où il leur plairolt. apparemment ils lui promirent ce qu'il voulut. Il dina avec eux, et aussitôt après les Princes et le maréchal de Gramont partirent du Havre, et allèrent coucher, à trois lieues de là, dans une maison nommée Grosmesnil, sur le chemin du Havre à Rouen, où le sieur de la Rochefoucauld et le sieur de la rrillière, Comminges et le président Fiole arrivèrent , un moment après, avec les ordres de la cour dont je viens de parler*.