Voyez p. 218 et
2. Dans le texte de 1662, avoit la clef; dans celui de 1688, ayant.
(lonnolt ce jour-là une parole pre'cise de la liberté des Princes, il ne pourroit plus traiter avec lui ni s'empêcher de conclure avec les Frondeurs, qui commençoicnt à prendre l'alarme du retard qu'il apportoit à signer le traité et qui ne vouloient pas achever sans cela. Le Cardinal voyoit beaucoup d'apparence à ce qu'on lui disoit; néanmoins le duc de la Rochefoucauld ne lui parla que généralement des cabales qui s'élevoient contre lui, sans entrer dans le détail d'aucunes, et il le fit ainsi pour ne manquer pas au secret qu'on lui avoit confié et pour ne rien dire qui pût nuire au parti qui s'alloit former pour la liberté des Princes si le Cardinal la refusoit : de sorte que le Cardinal, ne voyant rien de particularisé, crut que le duc de la Rochefoucauld lui grossissoit les objets afin de le faire conclure, et il crut que, ne lui nommant pas même de ses propres ennemis, il n'avoit rien d'assuré à lui dire'. Cependant l'aigreur éclata de toutes parts. Monsieur se déclara ouvertement à vouloir la liberté des Princes; de leur côté, ils voulurent qu'on conclût le traité des Frondeurs, et obligèrent le duc de la Rochefoucauld à se réconcilier et à se joindre avec eux : la déclaration de Monsieur sur la liberté des Princes fit ranger le Parlement et le peuple de Paris de son côté. Les bourgeois prirent les armes, on fit la garde aux portes, et le Roi et la Reine n'eurent pas la liberté de sortir de Paris. On ne se contentoit plus de demander la liberté des Princes, on vouloit la vie du Cardinal. M. de Chdteauneuf , garde des sceaux, s'étoit joint aux intérêts des Princes et espéroit que leur liberté et l'éloignement du Cardinal le rendroient maître des affaires. Le maréchal de Villeroy et presque toute la maison du Roi appuyoient le garde des sceaux. Une partie des ministres et beaucoup des plus particuliers amis du Cardinal faisaient aussi la même cliose^; la duchesse de Chevreuse y contribuoit de tout son pouvoir, et elle en avoit beaucoup dans toutes les cabales. M. de Chàteauneuf a toujours été lié à ses intérêts, depuis et devant sa prison, et c'a été conjointement qu'ils ont pris toutes leurs mesures, tantôt avec le Cardinal et tantôt avec ses ennemis; elle avoit une grande liaison avec le Coadjuteur, mais la beauté de Mlle de Chevreuse, sa fille, y aïoit encore plus de pouvoir. 3Iademoiselle, et le Coadjuteur, assisté de Mme de Chevreuse et du garde des sceaux, étoient maîtres de Pesprit de JI. d'Orléans^; ils avoient, outre cela, de puissantes cabales dans le peuple et dans le Parlement, qu'ils faisoient agir selon leur besoin. La duchesse de Chevreuse et M. de Chdteauneuf n éunciit point encore suspects au Cardinal; il ignoroit la proposition du mariage de