Rigoureux. (i6G2-jS
APPENDICE AUX MEMOIRES. 5ocj
le Parlement, d'autant plus accrédité que son âge et sa pauvreté le mettoient hors des atteintes de l'envie. Or, comme le peuple, qui ne bouf^eoit du Palais, étoit informé qu'il s'intéressoit puissamment pour son soulagement, [il] le prit en affection, et lui donna ce beau titre de son père. L'arrêter étoit un coup liardi, et pouvoit ' être très-salutaire s'il eût réussi; mais aussi il j)ouvoit avoir des suites dangereuses, comme nous verrons ; pourtant il fut heureusement exécuté par Comminges^, le matin que l'on chanta le Te Deum à Notre-Dame , de la victoire de Lens, durant que les compagnies des Gardes étolcnt en haie dans les rues; et [il] fut conduit en sûreté hors de la ville"', avec BlasmesniM, pour être transféré à. . . . •*. Deux heures après que le bruit de l'enlèvement de Broussel se fut répandu, les bourgeois® du quartier Notre-Dame, des rues Saint- Denis et Saint-Martin, Saint-Honoré et des autres endroits de la ville", fermèrent leurs boutiques et prirent tumultuairement les armes, chacun ressentant avec douleur ce qui étoit arrivé en la personne de Broussel, qu'ils réclamoient comme leur martyr. D'un autre côté, les grands, les ministres, et toutes les personnes les plus quaUfiées, se rendirent au Palais-Royal, où l'on dissimuloit l'excès du désordre; et ceux qui avoient eu grande peur en y allant avoient la complaisance de dire à la Reine que ce n'éioit que quelque canaille", que l'on mettroit aisément à la raison^.
Le coadjuteur de Paris, qui jusqu'alors n'avoit point paru sur le théâtre du monde'", et s'étoit renfermé dans l'étendue de sa profession, fut offrir son service à la Reine, à qui il ne déguisa rien de
1. L'arrêter, c'étoit un coup bien liardi et pouvoit. (1662-64, 1717.) — Et qui pouvoit. (1688-1754.)