‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 564 sur 616 · A quoi ils ajoutent · texte numérisé non relu

A quoi ils ajoutent

9. Ce tour irrégiilier est ainsi corrigé dans les éditions postérieures à i688 : Œ lequel, nonobstant toutes, etc., soupçonnant que cela ne s'exécuteroit (que l'on ne l'exécuteroit, i8o4-38)..., demeura encore (persista encore à demeurer, 1804-38). »

APPENDICE AUX MEMOIRES. 5i'i

publiques jusqu'au Palais, où lui et Blasmenil reçurent les compliments de la Compagnie; et de là il fut conrliiit par le peuple jusques à son logis, avec des démonstrations de joie si grande, qu'il sembloit qu'en la liberté de Broussel cliacun eût remporté ce jourlù une célèbre victoire.

Voilà la fameuse journée des Barricades, qui a été moins causée par l'affection que le public avoit pour Broussel, que par une liaine démesurée dont il étoit prévenu depuis quelques années contre le ministère, telle qu'il n'attendoit qu'une occasion pour la manifester. Il est malaisé de décider si le conseil de rendre ces prisonniers a été salutaire; car, dune part, qui considérera l'irrévérence des peuples, pour ne pas dire leurs emportements, tels' qu'il y avoit à craindre un attentat contre la majesté royale, il semblera que la prudence ne pouvoit conseiller un autre parti que celui de la douceur, puisque la force manquoil pour les réduire ; d'autre part, c'étoit une plaie mortelle à l'autorité du Prince, et un triomphe que l'on préparoit aux peuples sur la dignité souveraine, que d'acquiescer à leur fureur. Là-dessus quelques-uns disoient qu'il auroit mieux valu mener le Roi à Saint-Germain, y attendre toute sorte d'événements, que de prostituer la dignité royale aux caprices d'une multitude; mais M. le duc d'Orléans et le Cardinal, naturellement amis des conseils tempérés, ne pensoient qu'à se délivrer du péril présent. Quoi qu'il en soit, il est constant que, depuis ce jour-là, le Parlement prit de nouvelles forces contre la cour; et force gens de qualité, ou par intérêt, ou par le désir des choses nouvelles, s'engagèrent sérieusement pour la perte du premier ministre.

Or, comme il a été, pendant tous les mouvements, l'objet de l'invective publique, et que les plumes et les langues se sont déchaînées dans la dernière licence, il est à propos de rapporter les accusations les mieux fondées, et aussi ses légitimes défenses. L'on disoit contre le cardinal Mazarin qu'il étoit inouï et honteux à la France qu'un étranger, encore sujet originaire d'Espagne*, en fût le principal ministre, même avec un pouvoir si absolu qu'il y étoit l'arbitre de la paix et de la guerre ; que, de son pur mouvement, il distribuoit les honneurs, les offices et les bénéfices, enfin toutes les grâces, non pas au mérite, au service, ni à la condition, mais à l'attachement que l'on avoit à sa personne, qui étoit le véritable titre pour les obtenir; que par son ambition* il avoit porté les

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