‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 565 sur 616 · Pour son ambition. (l662-i · texte numérisé non relu

Pour son ambition. (l662-i

La Roch£foucaui.d. ii 33

5i4 APPENDICE AUX MÉMOIRES.

armes de la France dans la Toscane ' avec une extrême dépense el sans avantage, et qu'il n'avoit pas assisté le duc de Guise dans la révolte de Naplcs* ; que, par ses propres intérêts ^, il n'avoit pas voulu accepter le traité de paix fait à Munster, et qu'il l'avoit éludé par le ministère de Servien, sa créature ; que, par sa jalousie, il vouloit perdre le maréchal de Gassion lors de sa mort*, et même Monsieur le Prince en Catalogne^, parce que sa naissance et sa réputation lui donnoient de l'ombrage ; qu'il avoit épuisé la France d'argent, par des édits, pour l'envoyer en Italie ; qu'il s'étoit attribué la même puissance sur mer que sur terre après la mort du duc de Brezé ** ; qu'il ne savoit que les affaires étrangères, encore avoit-il perdu la confiance et la bonne foi de l'opinion^ parmi nos alliés, que le cardinal de Richelieu avoit établie pendant son ministère; et pour celles du dedans, qu'il n'en avoit aucune lumière, dont étoit une preuve certaine la confusion où elles étoient tombées*, puisque, d'un État tranquille, il l'avoit rendu divisé et plein de révolte; qu'il vouloit gouverner le Royaume par des maximes étrangères, nullement propres à notre nation, et la cour par des adresses si fort reconnues ^, qu'elles lui tournoient '" à mépris; bref, qu'il n'étoitpas capable d'un si grand fardeau, et qu'il avoit perdu son crédit dans l'esprit des peuples.

A ces accusations l'on répondoit que ce n'est pas d'aujourd'hui que les étrangers ont eu pai't" au gouvernement de l'État, témoins les cardinaux de Lorraine et de Birague, le duc de INevers, le maréchal de Retz'*; que le cardinal Mazarin a éténommé au cardinalat

1. Voyez ci-après, p. 5i5, note 6. — « On disoit qu'il avoit fait assiéger Orbltello, Piombino et Portolongone, non pas pour faire respecter la France en Italie, mais pour s'y faire redouter lui-même, et pour y acquérir des principautés à ses parents; car il avoit voulu acheter Piombino du prince Ludovîsio. » [IVote de V édition de 1688.)

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