En le traitant. (i662-l
APPENDICE AUX MEMOIRES. ^m
pour recevoir le Roi avec le Cardinal, et témoigna la même chaleur pour ses intérêts' : peut-être qu'il se piquoit d'achever un ouvrage aussi glorieux que celui de le rétablir, ou qu'il se flattoit vainement qu'un si grand service seroit toujours présent aux yeux de la Reine. Il * attendit que la cour fût de retour à Compiègne, où il reçut plus de démonstrations d'amitié et de confiance que lorsqu'il en partit, soit poiu? le faire relâcher sur le mariage qui étoit le point fatal de leur division, ou plutôt afin qu'il se portilt avec son ardeur accoutumée pour le retour du Roi à Paris, qui étoit regardé de toutes les provinces comme le siège de l'empire. En effet, lorsque Sa Majesté y lit son entrée, avec la Reine et toute la maison royale en un même carrosse, le Cardinal étoit à une portière avec Monsieur le Prince qui le rassuroit, par sa présence, de la crainte qu'il pouvoit justement concevoir d'être parmi une foule incroyable de peuple qui avoit tant d'horreur pour sa personne. Mais la joie seule de revoir le Roi occupoit tous les esprits, qui en bannissoit tous les malheurs et les inimitiés passées'. Leurs Majestés, arrivées au Palais-Royal, reçurent les soumissions du duc de Beaufort et du Coadjuteur, et Monsieur le Prince acheva une si belle journée en disant à la Reine qu'il s'estimoit très-heureux d'avoir accompli* la parole qu'il lui avoit donnée de ramener Monsieur le Cardinal à Paris, à quoi Sa Majesté répondit : o Monsieur*, le service que vous avez, rendu à l'Etat est si grand , que le Roi et moi serions des ingrats s'il nous arrivoit de l'oublier jamais. » Un sen-iteur de Monsieur le Prince, qui avoit ouï ce discours, dit qu'il trembloit pour lui de la grandeur de ce service, et qu'il craignoit que ce compliment ne passât un jour pour un reproche. Monsieur le Prince repartit : « Je n'en doute point ; mais j'ai fait ce que j'avois promis. »