‹ Œuvres de La Rochefoucauld (volume 4)Chapitre 83 sur 616 · Qu'il m'avoit rendue · texte numérisé non relu

Qu'il m'avoit rendue

8. Je le tiouvai froid et sérieux, et je n'entrai point. (1817, 2G, 38.)

4o MÉMOIRES. [i638]

trouvai bien heureux d'être sorti de prison dans un temps où personne n'en sortoit, et de retourner* àVerteuil sans qu'on eût été averti que j'étois chargé des pierreries de Mme de Chevreuse.

La Reine me fit paroître avec tant de bonté qu'elle ressentoit vivement tout ce qui m'arrivoit pour son service, et jMlle de Hautefort me donna tant de marques d'estime et d'amitié, que je trouvai mes disgrâces trop bien payées. Mme de Chevreuse, de son côté, ne me témoignoit pas une moindre reconnoissance, et elle avoit tellement exagéré ce que j'avois fait pour elle, que le roi d'Espagne ^ falla voir, sur la nouvelle de ma prison, et lui lit encore une seconde visite quand on apprit ma liberté. Les marques d'estime que je recevois des personnes à qui j'étois le plus attaché, et une certaine approbation que le monde donne assez facilement aux malheureux quand leur conduite n'est pas honteuse, me firent supporter avec quelque douceur un exil de deux ou trois années*. J'étois jeune; la santé du Roi et celle du Cardinal s'afToiblissoient, et je devois tout attendre d'un changement. J'étois heureux dans ma iamille ; j'avois à souhait tous les plaisirs de la campagne "^^ les provinces voisines étoient remplies d'exilés, et le rapport de nos fortunes et de nos espérances rendoit notre commerce agréable. On me permit enfin d'aller à farmée

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