A MADEMOISELLE DE SILLERY
Novembre i66Zt.
Il me semble que vous vous mariez bravement sans
au Roi par le sieur de Castelan, contenant ce qui s'est passé à Gigerv, à la retraite des troupes de Sa Majesté. » Ce même Castelan avait été chargé, en i642, avec Couvonges et du Plessis-Praslin, d'arrêter le duc de Bouillon à Casai (Mémoires de Mme de Motleuille, tome I, p. 85-87). Le tome XVII du recueil manuscrit de Conrart, in-folio, Bibliothèque de l'Arsenal, renferme (p. 4oi) une ce Relation » de cette affaire de « Gigerye », avec une liste des officiers et des volontaires tués dans la descente. On y lit que « le chevalier de la Rochefoucauld eut le doigt emporté. «
9. Le duc de Beaufort n'obtint pas le gouvernement de la Guyenne, vacant depuis la mort (idôi) de Bernard de Mogaret, duc d'Épernon; il ne fut donné qu'en 1670 au maréchal d'Albret.
10. Ou plutôt la grande maîtrise et surintendance de la navigation, qui avait remplacé l'amirauté, supprimée en 1627. En 1669, après la mort du duc de Beaufort, qui fut le dernier grand maître, l'amirauté fut rétablie en faveur du comte de Vermandois : voyez VHisloire de la milice franco ise, par le P. Daniel, in-4°, 1721, tome II, p. (jga et 698.
Lettre 83. — Nous ignorons oià est l'original de cette lettre badine, qui peut sembler étrange au milieu de toute cette correspondance d'affaires ou de cet échange de réflexions morales ; il serait désirable qu'on en trouvât l'autographe, pour pouvoir répondre de l'authenticité. Dans une autre lettre, adressée également à Mlle de Sillery (voyez ci-après, p. 221, n« 112), la Rochefoucauld badine encore sur un ton des plus légers. Cette lettre 83 a été publiée dans le Petit Magasin des Dames (1806), p. ii3, dans les Quatre saisons du Parnasse (recueil de Fayolle, a**" année, été 1806), p. 2o5, et reproduite dans les éditions de 1818, p. 235, de i825, p. 477de 1869, p. 35o, et dans Madame de Sablé, p. 621.
I . La nièce de notre auteur (voyez ci-après la note 3), fille du
me rien dire; j'avois cependant d'assez bons conseils à 1664 vous donner; mais la beauté- de votre naturel et Téducation de ma sœur^ vous ont appris sans doute tout ce que vous aviez à faire dans une telle occasion. J'aurois cependant fort souhaité de pouvoir être témoin de votre conduite ; je m'attends que vous m'en rendrez compte, car, sans cela, au lieu des prospérités que je vous souhaite, je vous souhaiterois les impossibilités, les jalousies réciproques, l'incompatibilité d'humeur, un beaupère amoureux de vous, une belle-mère acariâtre, des beaux-frères querelleurs, des belles-sœurs ennuyeuses, polies de campagne^, et aimant à lire de mauvais romans ; de la fumée en hiver, des punaises en été, des fermiers qui paient mal, de fâcheux voisins, des procès en défendant^, des valets qui vous volent, un méchant cuisinier, un confesseur moliniste*^, une femme de chambre qui ne sait pas bien peigner, un carrosse mal attelé, un cocher ivrogne, du linge sale, de l'eau trouble, du vin vert, du pain de Beauce^, des créanciers impatients,
marquis de Sillery dont il a été question ci-dessus (^lettre I2, p. 38, note l^) ; elle épousa, le aS novembre i66i4, Jean-Baptiste de Rochefort d'Ailly, comte de Saint-Point et de Montfcrrand.
3. Dans les éditions de 1818, 1826, 1869, et dans Madame de Sablé, on a substitué ici bonté à beauté ; six. lignes plus loin, celles de 1818, 1820 et 1869 ont souhaite au lieu de souhaiterois ; et encore, neuf lignes plus bas, sache au lieu de sait.
3. Marie-Catherine de la Rochefoucauld, troisième sœur du duc, mariée, par contrat du 27 mai i638, au marquis de Sillery.