A LENET
Je n'ai pu vous écrire plus tôt, car j'ai été extrêmement mal ; je ne me porte même pas assez bien encore pour oser entreprendre le voyage de Barèges' ; la saison est bien avancée, et j'ai des commencements de goutte qui m'empêchent d'aller" plus loin ; j'en retournerai plus tôt à Paris. Je suis très- fâché, en toutes façons^, de ce que vous m'avez mandé de la rupture de votre traité : je sais à quel point ces choses-là embarrassent, et les circonstances que vous me mandez me déplaisent au dernier point. Si vous pouviez ne point rompre l'afTaire ! Je pense que vous voyez bien qu'il ne faudroit pas se dépiter pour peu* de chose, et qu'il ne faudroit rien oublier pour la renouer. Je suis très-fâché aussi que Gourville ne se trouve pas en état de faire ce qu'il est obligé sur votre chapitre'' ; il* me mande qu'il espère quelque accommodement, et cela remédieroit à tout". Ma femme, ma fille ^, et généralement toute ma famille, vous font
Lettre 8^. — Manuscrits de Lenet, tome XXIV, fol. i56 et lôg, autographe ; cachets conservés; rien au dos. Elle paraît avoir été écrite en i665, d'après l'allusion qui y est faite à un épisode de la guerre maritime entre la Hollande et l'Angleterre : voyez ci-après, note 9.
1. Voyez p. i65, lettre 70 et note 2. Il sera encore question de Barèges dans les lettres 86, 89, 97 et ii4.
2. La Rochefoucauld avait d'abord écrit de ; l'a d'aller corrige e.
3. Dans l'original : « en toute façons. » Faut-il, comme nous l'avons fait, ajouter un s à toutes, ou supprimer celui de façons ?
^. Le p de peu paraît corriger s; il semble qu'on avait d'abord voulu mettre : si peu.
5. Les biens de Gourville avaient été confisqués, et, avant de rentrer en grâce, il eut à faire au Trésor des restitutions très-considérables.