Turenne
7. Le marquis de la Moussaye (voyez les Mémoires, p. 168, note 2) venait de mourir. Cet ami et officier de Condé était, dit Cousin (Journal des Savants, à l'endroit cité), « un compagnon d'enfance de la duchesse, » laquelle fut très-affectée de sa mort. Voyez à ce sujet (ibidem, février i853, p. 96 et 97) une lettre de Mme de Longueville à Montreuil, du 11 novembre i65o. — La maison de la Moussaye, c'est Stenay. Quand il mourut, la duchesse,dit encore Cousin (^ibidem, p. 96), « se trouva fort embarrassée. Le comte (Nicolas Bouton) de Ghamillv, le père de celui qui devint maréchal de France, était désigné par son grade et ses services pour succéder à la Moussaye ; il était brave et capable, mais, dans ce temps d'intrigues et de soupçons, oîi personne n'avait confiance ni dans les autres ni dans soi-même, on croyait avoir quelques raisons de craindre qu'il ne fût en intelligence avec la cour. Mme de Longueville proposa donc à son frère de remplacer provisoirement la Moussaye par un autre de leurs amis, Arnauld, mestre de camp des carabiniers. » (Voyez notre tome II, p. 218, note 2.) Mais le prince de Condé, dont le refus est exprimé cinq lignes plus bas par le mot de procès, donna le gouvernement de Stenay au comte de Marsin ou Marchin (tome II, p. 821).
8. Dans une autre lettre, adressée à la Palatine (Journal des Savants, avril i853, p. 236), la duchesse écrit : ce On croit que les François pousseront leur pointe, et iront droit à Stenay, de sorte que l'on croit que Mme de Longueville sera contrainte à une seconde fuite. Je vous laisse, s'il vous plaît, le soin de mander le détail de mes nouvelles à M. Hesmond (Roclief.), car je ne puis lui écrire que ce billet. »
pense qu'il pourra bien aller chez le frère de 22 ou chez la iQ5q Lelle-mère de ma cousine ^ : le premier '<• gîte paroît le plus probable, pour cent raisons ; mais comme rien de tout ce qui regarde iM. du Val (Mme de Long.) ne se conduit par là, mais seulement par une étoile enragée, qui renverse avec rien la dernière puissance" quand elle est favorable à M. du Val ÇMme de Long.), il ne peut répondre de ce qu'il deviendra. Je pense que sa règle infaillible sera de faire ce qu'il pourra ; s'il en peut suivre une autre, ce sera celle qui lui montrera que M. de Beaulieu (Roche f.) sera le plus aise d'une chose que d'une autre. Au moins assurez-l'en, et que, jusques au dernier moment, M. du Val (Mme de Long.) aura les sentiments que je vous dis dans le dernier trouble : il considérera toujours M. de Beaulieu (Rochef.), et fera, s'il peut, ce qui lui pourra plaire davantage, et, s'il ne le peut pas, il sera plus désespéré de cette sorte de malheur que des autres, quelque grands et incompréhensibles qu'ils soient ; car je rentre en matière pour vous dire que jamais procès n'a paru plus juste et mieux appuyé que le nôtre, et que ce n'est que notre étoile qui en a donné le gain à nos ennemis.
Adieu, je vivrai et mourrai à vous. J'ai reçu votre lettre du 28 novembre.
9. Le mannscint ne nous donne point ici de traduction. La duchesse de Longueville ne fut pas contrainte à une nouvelle fuite ; elle quitta Stenav, le 7 mars i65i, pour aller à Paris, où elle arriva le i3.