Le duc d'Orléans
11. Allusion à une querelle qui s'était élevée, le lendemain de la mort du duc de Nemours, entre Monsieur le Prince et François Louis de Lorraine, comte de Rieux, puis d'Harcourt, troisième fils du duc d'Elbeuf. Souffleté par Condé, de Rieux riposta, comme dit le Journal de Dubuisson-Aubenay, en donnant « du poing à l'épaule par devant au prince. » 11 fut mis à la Bastille, et n'en sortit qu'à la fin de septembre, \oyez, à ce sujet, les Mémoires de Mademoiselle, tome II, p. i38 et 189, et, dans le tome \II des Manuscrits de Lenet, fol. i56 et suivants, une lettre de Marigny, qui a été publiée par V. Cousin dans Madame de Longueville pendant la Fronde, Appendice, p. 448-452.
12. Charles de Lorraine, l'aîné des fils du duc d'Elbeuf, et cpii lui succéda dans son titre. — Il v a, dans l'original, après le nom propre, un il superflu.
,|-,5 2 colère. Raillerie à part, je crains fort pour la personne de Son Altesse, et je ne puis pas m'imaginer que le Cardinal n'ait'^ quelque espérance de le faire assommer bientôt ; car ce coquin voit les Espagnols à quinze lieues d'ici*' et ne songe non plus à faire la paix que s'il n'y avoit point de guerre. La cour avoit envie d'aller'^ à Corbeil ; mais ils ont tant attendu qu'ils ne peuvent plus. Ils doivent aller mardi à Mantes, qui est le seul lieu de Normandie'^ qui les voulut recevoir. Rouen s'en déclare hautement.
Le pauvre M. de Bouillon est fort mal ; il fut hier à l'extrémité, mais il se porte un peu mieux*'. M[M]. de Brienne et Servient'* sont aussi fort mal. Le Cardinal a
i3. Dans l'original, naye, et quinze lignes plus loin, aye.
i4. Ils avaient pris position (39 juillet) auprès de Fismes (Marne), à sept lieues de Reims, sur la limite du département de l'Aisne. Sur cette marche des Espagnols en France, et sur l'artifice qu'employa Mazarin pour décider Fuensaldagne à rebrousser chemin, voyez les Mémoires de Montglat, tome II, p. 36i et 862.
i5. On lit ici, dans le manuscrit, les mots à Brie ou, biffes. A la ligne suivante, peuvent est écrit deux. fois. Trois lignes plus loin, nous trouvons la singulière orthographe Rouhant, pour Rouen.
16. Mantes était sur la limite de la Normandie, dans l'Ile de France. Montglat (tome II, p. 366) dit que la cour n'y arriva que 1(> a5 septembre; c'est ce que confirme notre lettre 33 (p. 91-97)1 qui est datée de ce jour-là, et dont le premier alinéa se termine par ces mots : « la cour arrive aujourd'hui à Mantes. «
17. Sur le duc de Bouillon, qui mourut cinq jours après, d'une fièvre chaude, voyez le post-scriptum de la lettre suivante, p. 60 ; la note 29 de la lettre 2[\, p. 68 ; et les Mémoires, p. 4^7 et ^28. Dans une lettre, portant la même date que celle-ci, écrite par Marigny à Lenet (tome Mil, fol. 25, au verso), on lit : « M. de Bouillon n'est pas encore mort, mais il ne vaut guère mieux ; il a le brevet de surintendant. «
18. Henri-Auguste de Loméni(>, comte de Brienne, secrétaire d'Etat aux affaires étrangères, mort en 1666 : voyez notre tome II, p. 65, note 6. — Abel Servient", marquis de Sablé et de Bois-
" L'orthographe la plus commune est maintenant Servien, mais lui-même.
traité du gouvernement et de l'évêché de Metz*'. Un 1652 homme qui croit en savoir quelque chose m'a assuré aujourd'hui qu'il s'en vouloit aller à Metz et obliger par là à faire la paix, croyant qu'il n'y aura plus de prétexte, étant dans son évêché et si loin. Il faut bien qu'il ait quelque ruse nouvelle qui le fait être si fier, car, entre nous, je ne vois pas que les rieux^° soient de son côté. Bérénice (Mme de Châtillon-^) est toujours fort bien avec Astropol (Monsieur le Prince^. Ma foi je m'endors, adieu: aimez-moi, je vous en prie. M. delà Rochefoucauld se porte mieux ; mais Mgr de Marcillac^^ a eu la fièvre aujourd'hui "^
Suscription: A Monsieur Monsieur l'Esné, à Bourdeaux.
Dauphin, mort en 1659 ; il est question de lui dans les Mémoires, p. i55 et note 2.
19. Le cardinal Mazarin fut titulaire de l'évêché de Metz de novembre i653 à décembre i658. — Devant et de est biffé de avec les deux premiers jambages d'un m; l'auteur avait probablement commencé à écrire de Metz.
20. L'original donne bien ainsi vieux, comme on prononçait, pour rieurs.