Var. : sa condition meilleure. (i
3. C'est ainsi que s'est terminée la guerre de la Fronde, et l'auteur v pensait sans doute en écrivont cette maxime. — La Bruyère (du Cœur, n° 70, tome I, p. 211) : C'est par foiblesse que l'on hait un ennemi, et que l'on songe à s'en venger ; et c'est par paresse que l'on s'apaise, et qu'on ne se venge point. »
4. Var. : L'amitié la plus sainte et la plus sacrée n'est qu'un trafic ou nous croyons toujours gagner quelque chose. (Manuscrit ) — L'amitié la plus désintéressée n'est qu'un commerce (i665 : qu'un trafic) où notre amour-propre se propose toujours quelque chose à gagner. (i665, 1666, 1671 et 1675.) — J. Esprit (tome I, p. i64) : « Les amitiés ordinaires sont des trafics honnêtes, où nous espérons faire plusieurs sortes de gains, qui répondent aux prétentions différentes que nous avons...; de là vient que l'intérêt fait presque toutes nos amitiés et nos liaisons. » — Mme de Sablé (maximes 77 et 78) : « La société, et même l'amitié de la plupart des hommes, n'est qu'un commerce qui ne dure qu'autant que le besoin. » — « Quoique la plupart des amitiés qui se trouvent dans le monde ne méritent point le nom d'amitié, on peut pourtant en user selon les besoins, comme d'un commerce qui n'a point de fond certain, et sur lequel on est ordinairement trompé. » — Saint Évremond (Maxime, qu'on ne doit jamais manquer à ses amis. Œuvres mêlées, p. 287, Barbin, 1689): «Il est certain que l'amitié est un commerce ; le trafic en doit être honnêet ;
Il est plus honteux de se défier de ses amis que d'en être trompé1, (éd. 2.)
Nous nous persuadons souvent2 d'aimer les gens plus puissants que nous, et néanmoins c'est l'intérêt seul qui produit notre amitié. Nous ne nous donnons pas3 à
mais enfin c'est un trafic. » — Amelot de la Houssaye donne avec assez d'à-propos cette citation d'Antonio Perez : « Il ne se trouve plus de véritable amitié, sinon entre le corps et l'àme, qui sont à moitié de perte et de gain. » — L'auteur, dit la Harpe (tome VII, p. 261-263), « ne prend-il pas ici l'amour de soi pour l'amour-propre ?... L'amour de soi n'est point vicieux en lui-même; ... Dieu nous
ordonne expressément d'aimer notre prochain comme nous-mêmes Si
la Rochefoucauld a voulu dire que cet amour de nous entre dans l'amitié la plus désintéressée, c'est une vérité, et non pas un reproche ; car nul ne peut se séparer absolument de lui-même. Mais s'aimer ainsi dans un autre n'est point un commerce d'amour-propre , du moins dans l'acception vulgaire de ce mot, qui répond à celle d'intérêt personnel : c'est, au contraire, l'usage le plus noble de cette heureuse faculté d'étendre nos sentiments hors de nous, et de nous retrouver dans autrui. On sait combien cet attrait réciproque a produit d'actions héroïques, et cet héroïsme ne sera pas détruit par la sentence équivoque et vague de la Rochefoucauld. » — Voyez la note de la maxime /J34, la maxime 81, et la 2e des Réflexions diverses. — V. Cousin (Mme de Sablé, chapitre m, 2e édition, p. n5 et 116) pense que c'est pour réfuter expressément cette maxime de la Rochefoucauld que le cœur de Mme de Sablé a composé le petit traité de l'Amitié qui se trouve à la bibliothèque de l'Arsenal, dans les Papiers de Conrart (tome XI, in-folio); il aurait fallu ajouter que le cœur de Mme de Sablé n'a pas toujours parlé de même, car ses maximes 77 et 78, que nous venons de citer, abondent entièrement dans le sens de la Rochefoucauld.