‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 140 sur 469 · Var. : pour abaisser par là. (i · texte numérisé non relu

Var. : pour abaisser par là. (i

3. L'édition de i665 ne donne pas le correctif quelquefois. 4- Le grand Condé.

5. Dans trois des quatre impressions de i665, cette pensée et la i45e n'en faisaient qu'une (voyez la Notice bibliographique, et ci-dessus, p. 90, note 3). — Mme de Sablé (maxime 25) : « On loue quelquefois les choses passées pour blâmer les présentes, et pour mépriser ce qui est, on estime ce qui n'est plus. » — La Bruyère (des Jugements, n° 60) : « Nous affectons souvent de louer avec exagération des hommes assez médiocres, et de les élever, s'il se pouvoit, jusqu'à la hauteur de ceux qui excellent, ou parce que nous sommes las d'admirer toujours les mêmes personnes, ou parce que leur gloire, ainsi partagée, offense moins notre vue, et nous devient plus douce et plus supportable. » — Duclos (tome I, p. i32, Considérations sur les mœurs de ce siècle, chapitre v) : « Dans chaque carrière, il se trouve toujours quelques hommes supérieurs. Les subalternes, ne pouvant aspirer aux premières places, cherchent à en écarter ceux qui les occupent, en leur suscitant des rivaux. » — L'abbé Brotier (Observations sur les Maximes, p. 221) voit dans la réflexion de la Rochefoucauld un éloge de Condé et de Turenne qui peut-être donne plus à entendre que les trois fameuses oraisons funèbres de Bossuet, de Bourdaloue et de Fléchier. C'est beaucoup dire. — Voyez les maximes i45, 1 48 et 280.

Le désir de paroître habile empêche souvent de le devenir1, (éd. i*.)

CG

La vertu n'iroit pas si loin2 si la vanité ne lui tenoit compagnie, (éd. i*.)

Celui qui croit pouvoir trouver en soi-même de quoi se passer de tout le monde3 se trompe fort; mais celui qui croit qu'on ne peut se passer de lui se trompe encore davantage, (éd. i*.)

Les faux honnêtes gens sont ceux qui déguisent leurs défauts aux autres et à eux-mêmes ; les vrais honnêtes gens sont ceux qui les connoissent parfaitement, et les confessent1, (éd. i*.)

i. Le manuscrit ajoute : « parce qu'on sonye plus à le paroître aux autres qu'à être effectivement ce qu'il faut être. » — Mme de Sablé (maxime 4o) : « Souvent le désir de paroître capable empêche de le devenir » — Voyez les maximes 117, 127 et 2^5.

2. Yar. : La vertu n'iroit pas loin. (i665.) — Voyez les maximes i5o, 598, 599, et la 388e, qui paraît contradictoire à celle-ci.

3. Var. : Celui qui croit pouvoir se passer de tout le monde. (Manuscrit.*)

l\. Var. : qui déguisent la corruption de leur cœur — qui la connoissent parfaitement, et la confessent aux autres. (Manuscrit et i665.) — Mme de Sablé (maxime 17) : « C'est une force d'esprit d'avouer sincèrement nos défauts et nos perfections ; et c'est une foiblesse de ne pas demeurer d'accord du bien ou du mal qui est en nous. » — Pascal (Pensées, article II, 8) : « C'est sans doute un mal que d'être plein de défauts; mais c'est encore un plus grand

ET MAXIMES MORALES. m

GCIII

Le vrai honnête homme ' est celui qui ne se pique de rien2, (éd. i.)

CGIV

La sévérité des femmes est un ajustement et un fard qu'elles ajoutent à leur beauté3, (éd. i*.)

mal que d'en être plein et de ne les vouloir pas reconnoître. » — Meré (maxime ^o) : « Un lâche excuse toujours sa faute, et un généreux ne marque jamais de l'avouer. » — Voyez les maximes i34, ao3, 206, 4n, ^7, 6£i, et la 5e des Réflexions diverses.

1. C'est-à-dire, V homme bien élevé, de bonne compagnie : voyez cidessus, p. 8, note 4-

a. « M. de la Rochefoucauld, dit Segrais dans ses Mémoires (p. 3i et 3a), étoit l'homme du monde le plus poli, qui savoit garder toutes los bienséances, et surtout qui ne se louoit jamais. M. de Roquelaure et M. de Miossens (maréchal d'Albret) avoient beaucoup d'esprit, mais ils se louoient incessamment : ils avoient un grand parti. M. de la Rochefoucauld disoit, en parlant d'eux, bien loin pourtant de sa pensée : « Je me repens de la loi que je me suis imposée de ne me pas « louer; j'aurois beaucoup plus de sectateurs, si je le faisois. Voyez « M. de Roquelaure et Miossens, qui parlent deux heures de suite, « devant une vingtaine de personnes, en se vantant toujours : parmi « ceux qui les écoutent, il n'y en a que deux ou trois qui ne peuvent « les souffrir ; les dix-sept autres les applaudissent, et les regardent « comme des gens qui n'ont point leurs semblables. » — Pascal (Pensées, article VI, 56) : « Voulez-vous qu'on croie du bien de vous? n'en dites pas. » — Vauvenargues répond à la Rochefoucauld (p. 82) : « Ce mérite, si c'en est un, peut se rencontrer aussi dans un imbécile ; » ce qui ne l'empêche pas de dire ailleurs, absolument comme la Rochefoucauld : « La plus grande de toutes les imprudences est de se piquer de quelque chose. » (5e Conseil à un jeune homme, (Œuvres, p. 118.) — Voyez les maximes i34, 206, 307, 43i, et les 3e et i3e Réflexions diverses.

3. Le manuscrit ajoutait : « C'est comme un prix dont elles l'augmentent. » — L'édition de i665 ajoutait également : « C'est un attrait fin et délicat, et une douceur déguisée. » — Voyez les maximes 1 et 220.

L'honnêteté des femmes est souvent l'amour1 de leur réputation et de leur repos, (éd. i*.)

CGVI

C'est être véritablement honnête homme que de vouloir être toujours exposé à la vue des honnêtes gens2.

(ÉD. I*

La folie nous suit dans tous les temps de la vie3. Si quelqu'un paroit sage, c'est seulement parce que ses

i. Var. : La chasteté des femmes est l'amour (Manuscrit.) —

L'édition de i665 n'a pas non plus le correctif souvent. — Voyez les maximes i, 169, 20/i, 220 et 333.

2. Var. : que de vouloir bien être examiné des honnêtes gens, en tous temps, et sur tous les sujets qui se présentent. (Manuscrit.) — « La maxime 206e, dit l'abbé Brotier (p. 221 et 222), est belle. C'est aussi une belle parole du duc de la Rochefoucauld : L'honnêteté n'est d'aucun état en particulier, mais de tous les états en général. » Je ne sais d'où Brotier a tiré cette citation. — Voyez les maximes 202, 4n, 457, et la 5e des Réflexions diverses.

3. Var. : L'enfance nous suit dans toute la vie. (Manuscrit.) — Mme de Sablé (maxime 8) : « La plus grande sagesse de l'homme consiste à connoître sa folie. » — La Harpe (tome VII, p. 267) qualifie cette maxime d'exagération qui ne peut passer que dans une satire. « Il serait assez difficile de nous dire, ajoute-t-il, quelles étaient les folies de Sully ou du chancelier de l'Hôpital ; et comment accorder cette maxime avec celle-ci : Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit (209e) ? Il y a donc des gens qui n'ont point de folie ; et de plus on n'est pas très-sage pour n'en pas avoir. Tout cela est-il bien clair et bien conçu ? et au lieu de chercher à se faire deviner, ne vaudrait^ pas mieux s'assurer de ce qu'on veut dire ?» — Voyez les maximes 112, 210, 4o5, 423 et 444-

ET MAXIMES MORALES. n3

folies sont proportionnées à son âge et à sa fortune.

(ÉD. I*

CGVIII

Il y a des gens niais qui se connoissent1, et qui emploient habilement leur niaiserie, (éd. i*.)

GGIX

Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit2, (éd. i*.)

En vieillissant, on devient plus fou et plus sage3, (éd. i*,)

i. Var. : des gens niais qui se connoissent niais (Manuscrit.-) —

Voyez la maxime i56.

2. Var. : Celui qui vit sans folie n'est pas si raisonnable qu'il le veut faire croire. (Manuscrit.) — Le vieux Gaton, cité par Montaigne (Essais, livre III, chapitre vm, tome III, p. 4oo), disait que « les sages ont plus à apprendre des fols, que les fols des sages. » Voyez la Vie de Caton, par Plutarque, chapitre ix. — Mme de Sablé (maxime 8) : « La plus grande sagesse de l'homme consiste à connoitre sa folie. » — Pascal (Pensées, article XXIV, 71) : « Les hommes sont si nécessairement fous, que ce s roit être fou par un autre tour de folie, de ne pas être fou. » — Mme de Sévigné (Lettres tome II, p. ^96) explique ainsi cette pensée à Mme de Grignan : « Hélas ! le moyen de vivre sans folie, c'est-à-dire sans fantaisie P et un homme n'est-il pas fou. qui croit être sage en ne s'amusant et ne se divertissant de rien ? Vous reviendrez à notre opinion. » — Dans deux lettres subséquentes (ibidem, p. 517 et p. 520), elle dit que la Rochefoucauld prend le mot folie dans le sens relâché de passion, et dans ce cas, ajoute-t-elle, « l'exacte philosophie s'en offense.... Épictète n'auroit pas été de son avis. » Quant à Vauvenargues, il en eût été, car il déclare ouvertement (maxime i54. Œuvres, p. 38g) que « les passions ont appris aux hommes la raison. » — Voyez, ci-après, les maximes 23 1 et 3 10.

3. « C'est selon le naturel, qui augmente ou qui diminue, » dit l'annotateur contemporain. — Voyez les maximes 112, 207, 4o5, 423 et 444.

Il4 RÉFLEXIONS OU SENTENCES

CGXI

Il y a des gens qui ressemblent aux vaudevilles l, qu'on ne chante qu'un certain temps"2, (éd. i*.)

GGXII

La plupart des gens ne jugent des hommes que par la vogue qu'ils ont, ou par leur fortune3, (éd. t*.)

GCXIII

L'amour de la gloire, la crainte de la honte*, le dessein de faire fortune, le désir de rendre notre vie commode et agréable, et l'envie d'abaisser les autres, sont souvent les causes de cette valeur si célèbre parmi les hommes5, (éd. i*.)

i. On entendait alors par vaudeville une simple chanson.

2. Var. : aux vaudevilles, que tout le monde chante (Manuscrit :

raconte)un certain temps, quelques (voyez le Lexique, au mot Quelque) fades et dégoûtants qu'ils soient (Manuscrit. 1 665, 1666, 1671 et 1675.) — La maxime 291 revient à celle-ci. — Mme de Sablé (maxime 45) : « Ce n'est ni une grande louange ni un grand blâme, quand on dit qu'un esprit est ou n'est plus à la mode : s'il est une fois tel qu'il doit être, il est toujours comme il doit être. »

3. Var. : La plupart des gens ne voient dans les hommes que la vogue qu'ils ont, ou bien le mérite de leur fortune. (Manuscrit et i665.)

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