Voyez les maximes 328, 433 et
4. Le manuscrit disait avec moins d'élégance, mais avec plus de clarté : « — agitées des passions, n'en ont jamais de longues. »
2o4 RÉFLEXIONS OU SENTENCES
trariétés qu'il y en a naturellement dans le cœur de chaque personne1, (éd. 5.)
GDLXXIX
Il n'y a que les personnes qui ont de la fermeté qui puissent avoir une véritable douceur: celles qui paroissent douces n'ont d'ordinaire que de la foiblesse, qui se convertit aisément en aigreur'2, (éd. 5.)
CDLXXX
La timidité est un défaut dont il est dangereux de reprendre les personnes qu'on en veut corriger3, (éd. 5.)
CDLXXXI
Rien n'est plus rare que la véritable bonté : ceux
i . Horace dit en parlant de la pensée de l'homme (livre I, épître i , vers 99) :
Vitse disconvenit ordine toto.
« Elle n'est jamais d'accord avec elle-même dans toute la suite de la vie. » — Charron (de la Sagesse, livre I, chapitre xxxvm) : « Nos actions se contredisent souuent de si estrange façon qu'il semble impossible qu'elles soient parties de mesme boutique. » — La Bruyère (de l'Homme, n° 99) : « Quelques hommes, dans le cours de leur vie, sont si différents d'eux-mêmes par le cœur et par l'esprit, qu'on est sûr de se méprendre, si l'on en juge seulement par ce qui a paru d'eux dans leur première jeunesse. » — Voyez les maximes 5i et i35.
2. Vauvenargues (maxime 55, Œuvres, p. 379) : « Il n'y a guère de gens plus aigres que ceux qui sont doux par intérêt. » — Rapprochez des maximes 287, 387 et 48 1.
3. Parce que, dans ce cas, on l'augmente, comme le fait observer l'annotateur contemporain. — On sait que la Rochefoucauld était timide, au moins à parler, et que Huet (voyez ses Mémoires, traduction de M. Ch. Nisard, Paris, Hachette, i853, un vol. in-8°,
même qui croient en avoir n'ont d'ordinaire que de la complaisance ou de la faiblesse1, (éd. 5.)
CDLXXXII
L'esprit s'attache par paresse et par constance2 à ce qui lui est facile ou agréable : cette habitude met toujours des bornes à nos connoissances, et jamais personne ne s'est donné la peine d'étendre et de conduire son esprit aussi loin qu'il pourroit aller3, (éd. 5.)
GDLXXXIII
On est d'ordinaire plus médisant par vanité que par malice*, (éd. 5.)
GDLXXXIV
Quand on a le coeur encore agité par les restes d'une passion, on est plus près d'en prendre une nouvelle que quand on est entièrement guéri5, (éd. 5.)
GDLXXXV
Ceux qui ont eu de grandes passions se trouvent,
p. ig5) ne put le décider à se présenter à l'Académie française : il n'osait affronter le discours de réception à prononcer. i. Voyez les maximes 287, 387 et 479-
2. Constance n'a pas ici le sens que lui donne ordinairement l'auteur ; il signifie, comme la suite l'indique, habitude constante, accoutumance. — Duplessis met à tort confiance, au lieu de constance.
3. Selon Mme de Sablé (maxime 38), « l'étude et la recherche de la vérité ne servent souvent qu'à nous faire voir, par expérience, l'ignorance qui nous est naturelle. » — Rapprochez de la maxime 487.
4. Cette pensée revient, pour le fond, aux maximes 3i, 267, 397 et 5i3.