Voyez la maxime précédente et les 11e et 246e
GDXCIII
Il semble que les hommes ne se trouvent pas assez de défauts : ils en augmentent encore le nombre par de certaines qualités singulières dont Vs affectent de se parer, et ils les cultivent avec tant de soin qu'elles deviennent à la fin des défauts naturels qu'il ne dépend plus d'eux de corriger1, (éd. 5.)
CDXCIV
Ce qui fait voir que les hommes connoissent mieux leurs fautes qu'on ne pense, c'est qu'ils n'ont jamais tort quand on les entend parler de leur conduite : le même amour-propre qui les aveugle d'ordinaire les éclaire alors, et leur donne des vues si justes, qu'il leur fait supprimer ou déguiser les moindres choses qui peuvent être condamnées2, (éd. 5.)
CDXGV
Il faut que les jeunes gens qui entrent dans le monde soient honteux'5 ou étourdis : un air capable et composé se tourne d'ordinaire en impertinence4, (éd. 5.)
i. Rapprochez des maximes 4^4, kk'±, k^l et 4o,4-
2. Duclos (tome I, p. 2i4, Considérations sur les mœurs de ce siècle, chapitre xn) pense au contraire que « les mauvais succès ne détrompent pas ceux qu'ils humilient. » — Voyez la maxime 36, qui, en un sens, est contradictoire à celle-ci, et les 4a4e, 442e, 493e et 5oo,e. Dans cette dernière maxime, V amour-propre, loin de nous aveugler, nous éclaire si bien qu'il devient notre tourment. — Mme de Sablé (maxime i3) : « Rien ne nous peut tant instruire du dérèglement général de l'homme que la parfaite connoissance de nos dérèglements particuliers. »