‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 217 sur 469 · DLXI · texte numérisé non relu

DLXI

Un homme à qui personne ne plaît est bien plus malheureux que celui qui ne plaît à personne.

DLXII L'enfer des femmes, c'est la vieillesse2.

i. Rapprochez de la maxime 286.

2. C'est Saint-Evremond, nous l'avons dit (p. 221), qui nous a conservé cette pensée, adressée par la Rochefoucauld à Ninon de l'Enclos \ Voyez la Vie de Saint-Evremond par des Maizeaux, édition de 1711, p. 353.

PAR L'AUTEUR

L'abbé Brotier (1789) est le premier des éditeurs qui ait réuni à part les maximes que la Rochefoucauld avait successivement éliminées des diverses éditions de son œuvre * . Dans un supplément au-

1. L'édition d'Amsterdam de 1705 (chez P. Mortier), mentionnée par nous ci-dessus, p. 220, et l'édition posthume d'Amelot de la Houssaye ( 17 14) avaient donné la plus grande partie des pensées rejetées par l'auteur, mais en les confondant pêle-mêle avec celles qu'il avait maintenues.

L'édition d'Amsterdam a, en tout, dans sa première et principale série, cinq cent soixante et onze numéros, c'est-à-dire soixante-sept de plus que la dernière édition publiée du vivant de la Rochefoucauld (1678). Ces soixantesept pensées avaient paru toutes dans la première édition publiée par l'auteur. Deux, sur ce nombre (nos 101 et 48 de i665), ont été données par nous comme variantes aux maximes 88 et 297 ; on trouvera les soixante-cinq autres dans notre série des maximes supprimées. L'éditeur de 1705 a omis les quatre maximes retranchées qui ne datent point de i665, mais de 1666 ou de 1675. et, de plus, dix des maximes de i665 : pour être complet, il lui manque, si on le compare avec nous, quatorze pensées.

Amelot, si nous avons bien compté, et ce n'est point chose facile dans son répertoire alphabétique, donne cinquante-quatre des pensées retranchées, nos numéros 563-571, 573-575, 577-580, 582, 583, 585, 586, 58g, 5gi-5g3, 5q5-5q7, 600-602, 6o4, 6o5, 611, 612, 614-617, 62o-63o 634-638; et en outre les deux maximes supprimées (nos 101 et 117 de i665) que nous avons placées, comme variantes, dans les notes des numéros 88 et 110.

L'abbé de la Roche (1737) cite une maxime supprimée, une seule, si nous ne nous trompons, dans tout son recueil, à la note de la maxime 81 ; elle s'appliquait plutôt à la 83e, où nous l'avons mise comme variante. C'est la maxime g4e de i665, qui n'a disparu qu'à la 5e édition.

Quant à Suard (1778), dont Biaise, en i8i3, a reproduit l'édition, il avait arbitrairement repris vingt-quatre des maximes supprimées, pour les distribuer, sans les distinguer des autres, et sans en prévenir le lecteur, dans le texte définitif de la Rochefoucauld. Ce sont nos numéros 565-5Ô7, 570, 574, 577-584, 587, 5go, 608, 612, 617, 628, 63o, 632, 633, 64o et 64i. Biaise en a ajouté deux en note, qu'il donne pour inédites : nos numéros 573 et 618 (voyez les notes de ces deux maximes). Souvent Suard remet la maxime supprimée à la place où était, dans les éditions précédentes, celle que l'auteur y avait substituée.

quel il a donné le titre de Premières pensées du duc de la Rochefoucault*. il en a recueilli cent vingt et une, mais son choix n'a pas été fait avec le discernement désirable ; car il donne comme versions différentes telles ou telles pensées qui ne s'écartent que fort peu de la version définitive, et doivent plutôt y être jointes à titre de variantes2.

et il place cette dernière ailleurs, hors de son rang. Suard se permet en outre fréquemment de changer soit les tours, soit les mots de notre auteur. Il y a telle modification si considérable qu'on a peine à reconnaître sous la forme nouvelle la maxime originale, et qu'on serait d'abord tenté de croire que Suard donne quelque texte inédit, ou quelque retouche qu'il a seul connue (comparez, entre autres, son numéro 25 1 à notre a /13e). Cette tentation estd'autant plus forte qu'on lit dans Y Avertissement de l'éditeur (p. v) : a C'est sur le manuscrit original de M. de la Rochefoucauld et sur des exemplaires des premières éditions corrigées de sa propre main, qu'on a fait cette nouvelle édition. » Mais l'examen du texte de Suard empêcbe d'avoir grande confiance en cette assertion, ou, si l'on y ajoute foi, d'y attacher de l'importance. En général, les variantes de ce texte, quand il y en a, substituent simplement à la rédaction définitive celle des éditions antérieures, ou bien le choix même des mots et des tours montre assez qu'elles sont plutôt du fait de l'éditeur que de l'auteur. Pour celles de ces variantes qui viennent delà Rochefoucauld, pas n'était besoin d'exemplaires corrigés de sa propre main ; nous les trouvons, telles que Suard les donne, dans les divers textes imprimés du vivant de l'auteur. Blaiseacru devoir, lui aussi, parler dans une note (p. 54 et 55) se rapportant à notre maxime 83, de « premières éditions corrigées de la main de M. le duc de la Rochefoucauld. » Cette maxime, qui est chez lui la 8ie, et qui se trouve être précisément la seule pensée supprimée que l'abbé de la Roche ait recueillie, il l'a admise dans son texte, à l'exemple de Suard, telle qu'on la trouve dans les éditions de 1666, 1 67 1 et 1675, qui, pour cette maxime, ne diffèrent que par un mot de celle de iOG5, et il donne en note, comme variante, la forme définitive de 1678.

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