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Brotier et Duplessis : « de savoir se soumettre

7. Conduite, dans le sens de direction. — La maxime a83, mieux rédigée, rendait celle-ci inutile. — Voyez la maxime 378, qui semble contradictoire à celle-ci, car elle suppose que les conseils sont toujours inefficaces. — Voyez aussi le Portrait de la Rochefoucauld fait par lui-même, ci-dessus, p. 9.

DCXLI

On doit se consoler de ses fautes quand on a la force de les avouer1. (1675, n° ccclxxv.)

I. Voyez les maximes 302, 4n et 457. — Le Supplément de l'édition de 1693 (n° 4o) dit à peu près de même : « Les fautes sont toujours pardonnables quand on a la force de les avouer. » — Le cardinal de Retz dit, de son côté, dans ses Mémoires (édition Champollion-Figeac, tome II, p. 47 , chapitre xm) : « Il est d'un plus grand homme de savoir avouer une faute que de savoir ne la pas faire. » — Le Cardinal et le Duc faisaient un retour sur leurs propres fautes, et trouvaient ainsi le moyen de s'en consoler. Est-il besoin de faire remarquer que la maxime de la Rochefoucauld revient au dicton : Péché avoué est à moitié pardonné ?

Sept des Réflexions diverses l qui suivent ont paru pour la première fois, en 1781, sous le titre de Réflexions nouvelles de M. de la R****, dans un Recueil de pièces d'histoire et de littérature, compilation anonyme que l'on attribue communément à l'abbé Granet et au P. Desmolets 2. Brotier les

1. Ce sont, dans notre texte, les numéros 5, 16, 10, 2, 4, i3 et 3. Elles avaient été imprimées dans l'ordre où sont rangés ces chiffres.

2. Paris, Chaubert, 4 vol. in-12, tome I, p. 32-64- Le premier volume est de 1781, le second de 1782, le troisième de 1788, le quatrième de 1741- — Nous possédons un exemplaire de cet ouvrage où on lit, au verso du feuillet de titre, une note manuscrite d'une écriture ancienne, qui attribue la composition du Recueil à l'abbé Archimbaud. Mais au-dessous la même main a ajouté, plus tard (comme on le reconnaît à l'encre), que « l'abbé Goujet, dans sa Bibliothèque française, tome XVII, p. 372, donne ce Recueil, ou au moins le volume IV d'icelui, à feu M. l'abbé Granet. » A la page de titre du tome III se trouve cette autre note, toujours de la même main : « Suivant l'auteur de la France littéraire pour l'année 1757, ce volume est du P. Desmolets, oratorien. » L'Avertissement du tome IV nous apprend également que le troisième volume n'est pas l'œuvre de l'écrivain qui a compilé les trois autres ; ceux-ci ont été composés par la personne même « qui a eu l'idée de cette collection (a); » l'auteur du tome III est simplement désigné par les mots de « docte bibliothécaire. » C'est sans fondement, ajoute-t-on, qu'un nouvelliste de Paris, dans un journal de Hollande, a associé M. l'abbé

(a) Moréri (article Gbanet) vient à l'appui: « Il est, dit-il, l'éditeur d'un Recueil de pièces d'histoire et de littérature, qui a paru chez Chaubert, en quatre parties Il n'a eu aucune part à la publication de la troisième partie.... » Ce qui donne clairement à entendre qu'il a publié les trois autres.

mit dans son édition (1789), sous le titre de Réflexions diverses ; mais, « pour en rendre, disait-il (p. 267), la lecture plus facile et plus agréable, » il eut l'étrange idée de les dépecer en maximes. Depuis elles ont été reproduites dans la plupart des éditions.

Le marquis de Fortia (1796 et 1802) dit dans son avantpropos que ces sept Réflexions « a voient été imprimées deux fois en entier, lorsque Brotier les inséra dans son édition. » Il se trompe assurément ; une seule édition avait précédé celle de Brotier1, qui nous dit lui-même (p. 207) dans ses Observations sur les Réflexions diverses : « Elles n'ont paru qu'une seule fois ; encore étoient-elles ensevelies dans un Recueil de pièces d'histoire et de littérature qu'on ne lit pas. On en trouvoit quelques parties, surtout ce qui regarde la Conversation, dans des bibliothèques particulières. » Nous verrons ci-après (p. 290, note 2) que ce n'est pas d'après le texte imprimé de 1 73 1 , mais d'après une copie conservée dans quelque bibliothèque, que Brotier a publié l'article de la Conversation, et c'est apparemment cette variante qui a fait supposer à Fortia qu'il y avait eu avant 1789 deux éditions: il n'avait pas pris garde à la phrase de Brotier que nous venons de citer.

L'éditeur de 1781 s'était contenté, ainsi que le Journal des Savants, de désigner l'auteur par une transparente initiale, sans indiquer la source d'où il tirait ces Réflexions, et sans

Desfontaines à ce Recueil. » — Barbier, Brunet, Quérard s'accordent à attribuer cette compilation à l'abbé Granet et au P. Desmolets. Los citations précédentes montrent bien, ce nous semble, quelle a été la part de l'un et de l'autre : Le « docte bibliothécaire » qui a composé le tome III, c'est le P. Desmolets ; « la personne qui a eu l'idée de la collection, » qui a compilé les tomes I, II et IV, et qui par conséquent a publié pour la première fois les Réflexions diverses, c'est l'abbé Granet (né à Brignoles en 1692, mort à Paris en 17/ii).

1. Fortia n'a pu vouloir désigner comme édition nouvelle la longue suite de citations qui se trouve dans le numéro de septembre du Journal des Savants de 1781 (p. 5o5 et suivantes), simplement précédée de ces mots : « Ces Réflexions sont divisées en sept

classes. La première est de la Confiance, etc Nous citerons un

exemple de chaque classe, et nous uous bornerons au premier article

songer à en établir l'authenticité. Cela n'empêcha pas Brotier et ceux qui vinrent après lui de les donner très-affirmativement et sans aucune hésitation comme étant l'œuvre de la Rochefoucauld. Pour les esprits versés en ces matières et familiarisés avec les idées et le style de l'auteur des Maximes, le doute, en effet, n'était guère possible. Cette attribution cependant n'était après tout, pour qui veut appliquer les règles de la critique rigoureuse, qu'une vraisemblable présomption ; aussi un juge autorisé entre tous, M. Sainte-Beuve, s'en est-il tenu à cette présomption , déjà fort affirmative en elle-même1 : « Je ne discute point la question de savoir si ces Réflexions diverses sont certainement de la Rochefoucauld ; il me suffit qu'elles lui soient attribuées, qu'elles soient dignes de lui, et qu elles expriment le meilleur goût et tout l'esprit de son monde. » La conjecture était fondée, car aujourd'hui la preuve est faite, et la source authentique est découverte. Les sept Réflexions, telles qu'on les a publiées dès i^3i , se trouvent intégralement, sauf quelques changements comme on s'en permettait alors, et quelques erreurs de copie, dans le tome A du recueils de manuscrits conservés par la famille même de la Rochefoucauld au château de la Rocheguyon 2, et leur authenticité ne saurait être contestée. Sans compter les preuves morales, pour ainsi dire, qui avaient suffi et pouvaient suffire aux précédents éditeurs et critiques, sans compter plusieurs corrections qui sont de la main même de la Rochefoucauld, on rencontrera dans ces Réflexions nombre de passages que nous avons notés avec soin, et que l'auteur a répétés plus ou moins textuellement dans ses Maximes. Toutefois le manuscrit de la Rocheguyon contient dix-neuf réflexions : pourquoi les

de chacune (a) ; » et suivie de ceux-ci : « On peut par ces Réflexions sensées juger des autres. L'auteur fait voir dans toutes la même justesse et la même solidité. »

1. Voyez la Préface de l'édition de Duplessis, Paris, i853, p. xn, à la note.

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