Que peu de personnes. » (Édition de Brotier
!\. « A ce qu'il a dessein de dire qu'à ce que les autres disent, et que l'on n'écoute guère quand on a bien envie de parler. » (Ibidem.) — A'oyez les maximes i3g et 5 10.
5. « Si on veut en être écouté. » (Édition de i*y3i .) — Meré (maximes 1 17 et 118) : « Quelque facilité que l'on ait à s'exprimer, il faut toujours dire beaucoup de choses en peu de mots, et se souvenir que la conversation n'est pas comme un État monarchique, où un seul a droit de parler, mais comme une espèce de république, où tous ceux qui la composent peuvent dire ce qu'ils pensent. » — « C'est un grand défaut dans la conversation que d'y vouloir toujours briller et s'y faire plus écouter que les autres. »
dire des choses inutiles1. Au lieu de les contredire2 ou de les interrompre, comme on fait souvent, on doit, au contraire3, entrer dans leur esprit et dans leur goût, montrer qu'on les entend, leur parler de ce qui les touche4, louer ce qu'ils disent autant qu'il mérite d'être loué, et faire voir que c'est plutôt par choix5 qu'on le loue6 que par complaisance. Il faut éviter de contester sur des choses indifférentes, faire rarement des questions, qui sont presque toujours7 inutiles, ne laisser jamais croire qu'on prétend avoir plus de raison que les autres, et céder aisément l'avantage de décider8.
On doit dire des choses naturelles, faciles et plus ou moins sérieuses, selon l'humeur et l'inclination9 des personnes que l'on entretient, ne les presser pas d'approuver ce qu'on dit, ni même d'y répondre10. Quand on a satis-
1 . « Néanmoins il est nécessaire d'écouter ceux qui parlent ; il faut leur donner le temps de se faira entendre, et souffrir même qu'ils disent des choses inutiles. » (Édition de Brotier.) — Montaigne (Essais, livre III, chapitre m, tome III, p. 287 : « Il fault se desmettre au train deceulx auecquesqui vous êtes, et par fois affecter l'ignorance.... Traisnez vous au demourant à terre, s'ils veulent. »
2. L'édition de i~3i, que les suivantes ont copiée pour leur version additionnelle, donne, par une erreur évidente, contraindre, au lieu de contredire.
3. « Bien loin de les contredire et de les interrompre, on doit, au contraire » (Édition de Brotier.)