‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 311 sur 469 · Le temps qui leur reste. (Ibidem · texte numérisé non relu

Le temps qui leur reste. (Ibidem

6. Les amusent, c'est-à-dire, les occupent. Voyez le Lexique.

coup d'ennuis, d'incertitudes et de foiblesses1, tantôt par piété, tantôt par raison, et le plus souvent par accoutumance2, ils soutiennent le poids d'une vie insipide et languissante.

i. « D'incertitude et de faiblesse. » (Édition de M. de Barthélémy.) 2. Rapprochez de la maxime 109.

ou

Ce Discours1, placé en tète de la première édition des Maximes (i 665). et supprimé dès la seconde (1666), a été attribué jusqu'ici à Segrais, mais nous croyons pouvoir établir que c'est sans fondement. M. Boutron-Charlard, dont le riche cabinet est libéralement ouvert à tous les gens d'étude, possède un exemplaire de la première édition des Maximes, lequel a appartenu à Walckenaer. Sur le feuillet de garde on trouve, de la main même du savant biographe, une note dont nous extravons ce qui concerne le discours dont il s'agit :

« Dans la Promenade de Saint-Cloud (par Gabriel Gueret), composée, je crois, vers 1669 2 (Mémoires de Brueys, 1 75 1 , in-ia, tome II, p. 225), un des interlocuteurs dit : « Plût à Dieu que cette envie prît à la Chapelle, ou à « quelque auteur de sa force ! » A quoi l'autre (Cléante) répond : « Si je ne « me trompe, il y a deux beaux esprits de ce même nom; mais je ne pense « pas que vous entendiez parler de l'auteur de la préface des Maximes de « M. D. L. R. (M. de la Rochefoucauld), car il me semble que celui-là n'est « pas encore assez connu dans le monde, et que même cette préface n'est pas

1. Ou cette Lettre, comme l'appellent la Rochefoucauld (voyez la préface de la première édition, ci-dessus, p. 26), et l'auteur lui-même (à la fin de ce Discours). Le tour d'ailleurs et la forme du morceau, surtout au commencement et à la fin, sont bien d'une lettre.

2. A la fin de sa note, dont nous ne donnons ici qu'une partie, Walckenaer, rencontrant le nom de J. Esprit dans le récit de Gueret, revient ainsi sur cette

« une pièce à donner une grande réputation à sa plume. Je sais bien au « moins que le libraire1 s'est imaginé qu'elle portoit malheur à son livre, et je a me souviens qu'en l'achetant, il me fit remarquer, comme une circonstance « de la bonté du volume, que la préface n'y étoit plus. » Ainsi, conclut Walckenaer, le Discours sur les Maximes de la Rochefoucauld est de la Chapelle, et non de Segrais. »

Peut-être se prononce-t-il un peu trop vite, sur une seule information, qu'il ne confirme par aucune autre preuve ; cependant, si l'on se rappelle que la mode était de tout attribuer à Segrais, même Zaïde et la Princesse de Clèves: si l'on considère qu'on ne retrouve nulle part l'origine de l'attribution qui lui est faite de ce Discours ; si l'on remarque que la Rochefoucauld a, en effet, supprimé assez dédaigneusement cette apologie, comme il l'appelle2, et qu'il n'eût pas traité avec si peu de façon un homme aussi considérable que l'était Segrais, un homme qui était d'ailleurs son ami, aussi bien que l'ami de Mme de la Fayette, et qui ne cessa pas de l'être, même après la suppression de cette pièce; si l'on remarque en outre que telle était alors la réputation de cet écrivain, qu'un écrit de sa main ne pouvait être soupçonné de porter malheur à un livre; si l'on remarque enfin que ce morceau, pour n être pas sans mérite, est cependant bourré de citations trop pédantes 3, même pour Segrais, il faut avouer que le témoignage de Gueret mérite déjà quelque considération.

D'un autre côté, en tenant compte des dates, il ne parait guère possib'e que Segrais fût l'auteur du travail dont il est question. Bien que la ire édition, à laquelle il était destiné, n'ait paru qu'en i6G5, l'Achevé d'imprimer est à la date du 27 octobre 166/I, et le Permis remonte au i4 janvier de la même année*. Il y a donc grande apparence que le Discours fut écrit dans la première moitié de l'année 1 664 ; or Segrais partageait alors l'exil de Mademoiselle de Montpensier, en province, à Saint-Fargeau, d'où il ne revint avec elle que vers la seconde quinzaine de juin», alors que l'ouvrage devait être déjà sous presse. Sans doute, il ne serait pas absolument impossible que, de juin à

date : « Les Maximes de l'abbé J. Esprit ayant paru en 1669, c'est vers ce temps que fut composé cet écrit de Gueret. » 11 y a là une double erreur. Le livre de J. Esprit n'a paru qu'en 1678, la même année que l'édition définitixe des Maximes de la Rochefoucauld, et que les Maximes de Mme de Sablé; puis, en 1669, l'un des deux la Chapelle, né, comme on le verra plus loin, en 1 655. ne pouvait encore, si précoce qu'on le suppose, mériter, à l'âge de quatorze ans, le titre de 6e/ esprit que Gueret lui décerne.

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