Voyez, ci-dessus, la note 2 de la page
2. C'est en 1691 que Viilacerf succéda dans cette charge à Louvois, qui avait succédé lui-même, en ib83, au grand Colbert.
3. Dans l'article précédent [Chapelle (Jean de la)], Moréri intitule à tort cet ouvrage « Histoire des campagnes de Nordlingue et de Fribourg. » — Réimprimé plusieurs fois, notamment dans le Recueil de pièces choisies publié par la Monnoye en 1716 (2 vol. in-12), cet ouvrage a reparu dans la Collection des petits classiques, formée par les soins de Ch. Nodier (Paris, Delangle, 1826). Dans sa Notice, supposant à tort que la Relation avait été publiée au moment même des faits qu'elle raconte ( 1 0 j.l et 1 644), Nodier donne de grands éloges à la Chapelle; il le loue particulièrement d'avoir si bien écrit dix ou douze ans avant Pascal; or la Relation n'a paru qu'en 1673 (Paris, in-12), c'est-à-dire quinze ans et plus après les Provinciales.
4. Walckenacr n'a pas été seul à exprimer des doutes au sujet du Discours attribué à Segrais Sur l'exemplaire de l'édition de i665 qui est à la Bibliothèque de l'Arsenal, et qui vient du collège des Jésuites, on lit au revers du feuillet de garde, en tête du volume, la note suivante, qu'on nous dit être de Ja main du génovéfain Barthélémy Mercier, abbé de Saint-Léger, bibliothé-
ques doutes. On lit dans les Entretiens d'Ariste et d'Eugène (3e édition, 1671, p. i8i et 1.^5) : « Le Discours qui a été mis à la tête de ces Réflexions est de la main d'un gran 1 maître, qui sait le monde aussi bien que la langue, et qui n'a pas moins d'honnêteté que d'esprit. » Ce mot de grand maître convient-il bien à notre la Chapelle? Il s'appliquerait mieux, on ne saurait le nier, à Segrais, que désignerait assez bien aussi le reste de cette phrase laudative. Mais, d'un autre côté, on peut se demander si Rouhours lui-même était dans le secret, et s'il ne parle pas par simple conjecture, ou plutôt sur le bruit déjà répandu an sujet de ce Discours; on peut aussi faire remarquer que les pompeuses appellations, comme celle de grand maître, se décernaient et s'échangeaient assez. \ olontiers, même dès le dix-septième siècle, entre les écrivains du second ou du troisième ordre ; que la Chapelle, futur inspecteur des beauxarts, était déjà peut-être en crédit; qu'enfin, ami ou protégé d'un illustre jé- Si it'\ le P. Rapin, il était naturel qu'il fût bien traité par le P. Bonhours, autre jésuite. Quoi qu'il en soit, nous donnons cet écrit tel que la Rochefoucauld l'avait une première fois agréé, c'est-à-dire en nous conformant au texte de l'édition de itiOâ Celle de i6g3 en diffère par des modifications assez nombreuses et di s retranchements de citations ; nous indiquons ces différences dans les notes • .
Monsieur,
Je ne saurois vous dire au vrai si les Réf exions morales sont de M. ***2, quoiqu'elles soient écrites d'une manière qui semble approcher de la sienne; mais en ces occasions-là, je me défie presque toujours de l'opinion publique, et c'est assez qu'elle lui en ait fait un présent, pour me donner une juste raison de n'en rien croire.
caire de Sainte-Conevièvc : « On seroit assez tenté de croire que le Discours sur les Réflexions est de Segrais, car il abonde en citations latines et italiennes : c'étoit la mode alors; le Segraisiana indique que c'étoit aussi le goût de Segrais. Mais comme on cite ici un peu les saints Pères, j'inclinerois à croire que ce Discours est d'Esprit ou de Gomberville, ou plus probablement encore de Chevreau. »
i. Lé Htion d'Amsterdam, de 170D, a reproduit ce Discours, en suivant, à quelques variantes près, le texte de i6û3, mais en y rétablissant, d'après celui de i665, les citations en vers qui, en 1 '>l)3 , avaient été supprimées. Malgré ces additions, elle conserve, ce dont le sens s'arrange comme il peut, les phrases que l'édition de i6q3 avait substituées aux citations. Le morceau a été réimprimé, conformément (très-peu s'en faut) au texte de 1706, dans le recueil d'Amelot de la Houssaye (171^, etc.), et dans l'édition collective d'Amelot et de l'abbé de la Roche (1777). Duplessis le donne également, mais comme nous, d'après le texte de i665; il ne marque pas les variantes de l'édition de i6o3.
2. L'édition de 1705 donne en toutes lettres : « de Monsieur de la Rochefoucauld ; » celle d'Amelot de la Houssaye : « de M*** (le duc de la Rochefoucauld). » — A la quatrième ligne du second alinéa, qui suit, ces deux éditions se contentent de l'initiale M***.
La. Rochefoucauld, i a3
Voilà, de bonne foi, tout ce que je puis vous répondre J sur la première chose que vous me demandez; et pour l'autre, si vous n'aviez bien du pouvoir sur moi, vous n'en auriez guère plus de contentement ; car un homme prévenu, au point que je le suis, d'estime pour cet ouvrage, n'a pas toute la liberté qu'il faut pour en bien juger i. Néanmoins, puisque vous me l'ordonnez, je vous en dirai mon avis, sans vouloir m'ériger autrement en faiseur de dissertations, et sans y mêler en aucune façon l'intérêt de celui que l'on croit avoir fait cet écrit3. Il est aisé de voir d'abord qu'il n'étoit pas destiné pour paroître au jour, mais seulement pour la satisfaction d'une personne qui, à mon avis, n'aspire pas à la gloire d'être auteur, et si, par hasard4, c'étoit M. ***, je puis vous dire que sa réputation est établie dans le monde par tant de meilleurs titres, qu'il n'auroit pas moins de chagrin 5 de savoir que ces Réflexions sont devenues publiques, qu'il en eut lorsque les Mémoires qu'on lui attribue furent imprimés6. Mais vous savez, Monsieur, l'empressement qu'il y a dans le siècle pour publier toutes les nouveautés, et s'il y a moyen de l'empêcher 7 quand on le voudroit, surtout celles qui courent sous des noms qui les rendent recommandables. Il n'y a rien de plus vrai, Monsieur ; les noms font valoir les choses auprès de ceux qui n'en sauroient connoître le véritable prix : celui des Réflexions* est connu de peu de gens, quoique plusieurs se soient mêlés d'en dire leur avis9. Pour moi, je ne me pique pas d'être assez délicat et assez habile pour en
i. Dans l'édition de i6g3 : « .... d'une manière qui semble fort approcher de la sienne ; mais il ne faut pas croire légèrement les bruits qui se répandent dans le monde; le temps découvrira la vérité. C'est tout ce que je puis vous répondre... »
2. « si vous n'aviez bien du pouvoir sur moi, Je ne vous en écrirois pas si
librement mon avis ; car il y a des gens prévenus contre cet ouvrage, et je le suis peut-être trop en sa faveur. » (Edition de 1693.)
3. « Néanmoins, puisque vous me l'ordonnez, je vous dirai ce que j'en pense, sans vouloir m'ériger en faiseur de dissertations, et même sans y mêler en aucune façon l'intérêt de celui que l'on soupçonne d'avoir fait cet ouvrage. » (Ibidem.)
U. « paroître au jour : c'est une personne de qualité qui l'a fait, mais
qui n'a écrit que pour soi-même, et qui n'aspire pas à la gloire d être auteur. Si, par hasard » (Ibidem.) — Voyez plus loin, dans les Jugements des contemporains sur les Maximes, p. 3gi-3g3, l'Article du Journal des Savants.
5. « je puis vous dire que son esprit, son rang et son mérite le mettent
fort au-dessus des hommes ordinaires, et que sa réputation est établie dans le monde par tant de meilleurs litres, qu'il n'a pas besoin de composer des livres pour se faire connaître ; enfin, si c'est lui, je crois qu'il n'aura pas moins de chagrin.... » (Édition de i6g3.)