‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 32 sur 469 · Ibidem, p. 36o. — 3. Mémoires, p. 259 et · texte numérisé non relu

Ibidem, p. 36o. — 3. Mémoires, p. 259 et

La Rochefoucauld, i d

l NOTICE BIOGRAPHIQUE

Cependant les deux partis, celui des Princes et celui de la Régente, à la tête duquel s'était mis Retz, désormais nanti du chapeau, se heurtaient, en toute rencontre, avec une aigreur et un fracas précurseurs de la guerre. Peu s'en fallut que la grande salle du Parlement ne devînt le premier champ de bataille. C'est dans une de ces séances orageuses1 que le duc de la Rochefoucauld prit traîtreusement la tête de Retz dans une porte et le maintint dans cette position critique, donnant ainsi à ceux qui l'entouraient le loisir de tuer le prélat, pour peu qu'ils en fussent tentés. La Rochefoucauld rapporte lui-même le fait dans ses Mémoires avec ce calme froid qui rend l'aveu d'une violence plus odieux peut-être que la violence même2. Passons vite sur de tels actes qui nous paraissent aujourd'hui indignes d'un gentilhomme, mais que nous retrouvons fréquemment dans les anciennes histoires de nos troubles civils3.

On ne racontera pas ici par le menu les incidents de cette troisième guerre intestine qui éclata, en i652, par l'énergie de Mme de Longueville, au moment même où chacun, suivant l'expression de notre auteur, se repentait « d'avoir porté les choses au point où elles étoient4, » et en voyait clairement l'horreur. La Rochefoucauld, retiré de nouveau en Guyenne avec les Condés, recommence, mais avec peu d'enthousiasme cette fois, une vie d'aventures sans éclat où devaient s'éteindre ses dernières illusions. Il aide Monsieur le Prince, non sans courir de grands risques, à réprimer la révolte des bourgeois d'Agen, et se fait, avec lui, ouvrir successivement deux barricades5. Puis il fait partie, avec son jeune fils Marcillac, de

i. Celle du 21 août i65i.

2. Mémoires, p. 283-288; comparez Mme de Motteville, tome III, p. /4i8-4ao, et surtout Retz, tomes III, p. ^92-^94? 5oo, et IV, p. 283, 28/i.

3. Voyez aussi, dans les Mémoires, p. 198 et 199, l'histoire du pauvre gentilhomme Canolles, pendu à Bordeaux, par ordre de la Rochefoucauld et de Bouillon.

(\. Mémoires, p. 298.

5. Ibidem, p. 3^1-343 ; Mémoires de Gourville, p. 254- — Voyez ci-après, à l'appendice V, 6° (p. cvm), l'indication de pièces relatives aux mesures prises contre notre duc durant cette nouvelle révolte. — Il est curieux de voir un Etat de la France (Paris, G. Loyson)

SUR LA ROCHEFOUCAULD. L1

cet état-major choisi avec lequel Condé entreprend de traverser la moitié de la France, pour aller rejoindre sur la Loire l'armée du duc de Nemours. Ce voyage, dont il faut lire la relation, surtout dans les Mémoires de Gourville*, fut plein d'émotions et de vicissitudes. Il s'acheva toutefois sans accident grave le i "avril, et dès lors Condé, ayant pris le commandement en chef de l'armée, se trouva en face de Turenne. Le combat indécis de Bléneau, où ces deux illustres antagonistes rivalisèrent de talent et de coup d'œil, est demeuré fameux dans l'histoire ; la Rochefoucauld et son fils à peine adolescent s'y distinguèrent au premier rang». « Il y a très-bien fait, » dit Monsieur le Prince, en parlant du père, dans une lettre qu'il écrivit le lendemain à Mademoiselle3. Quelques jours après (il avril), Condé, toujours accompagné de la même escorte était reçu triomphalement dans Paris, que la cour avait quitté depuis plus de trois mois. Si l'espérance de Monsieur le Prince en rentrant dans la capitale, avait été de réunir en un faisceau les divers partis de la Fronde, il dut renoncer bientôt à cette illusion. Le Parlement avait beau mettre à prix la tête de Mazarin, chaque jour de répit profitait à la fortune du Cardinal et nuisait à celle des Frondeurs. A la première fumée d'enthousiasme avec laquelle les bourgeois avaient salué la venue du prince succédèrent des cabales et des intrigues, toutes nées de la lassitude de la guerre et du désir d'un accommodement Conde lui-même, une fois à Paris, se prit à y respirer comme un

faire hardiment son éloge à l'occasion de sa conduite factieuse ne qualifiant ses rébellions que de retraites de la cour On y lit deux ans de suite (i65i et i65a) : « Le duc de la Rochefoucauld et prince de Marcillac, gouverneur de Poitiers ; il se retira de la cour lorsque Messieurs les Princes furent arrêtés prisonniers lut a la guerre de Bourdeaux, avec plusieurs gentilshommes de ses amis, ou il fit paroître sa sagesse et sa valeur en plusieurs occasions, et depuis la liberté de Messieurs les Princes, il est revenu a la cour, et s'en est encore retiré depuis. » Comparez ci-dessus p. xli, note 2.

i. Pages 254-2ÔI.

2, Mémoires, p. 366-373. Voyez aussi Mme de Motteville, tome III p. 470, et Montgtat, tome II, p. 333.

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