Voyez la maxime ai
APPENDICE. 4o5
Songez qu'insensible aux vôtres, On vous croira pour les autres Peu de sensibilité.
Pour le divorce qu'amènent Ces contrastes douloureux Où les éléments reprennent Tout ce qu'on a reçu d'eux 4, Réservez ce front tranquille :
C'est là qu'il est inutile De se plaindre de ses maux ; C'est là que l'orgueil succombe, C'est là que le masque tombe Qui couvroit tous nos défauts.
Oui, soyez alors plus ferme Que ces vulgaires humains Qui, près de leur dernier terme, De vaines terreurs sont pleins :
En sage que rien n'offense, Livrez-vous sans résistance A d'inévitables traits, Et d'une démarche égale Passez cette onde fatale Qu'on ne repasse jamais.
Tout ce qu'on a vu de sages
Aux plus renommés climats
Ont cherché, dans tous les âges,
Ce que c est que le trépas ;
En vain ces esprits sublimes
Sondent de profonds abimes
Pour nous en entretenir :
Pas un seul, dans leur grand nombre,
N'a pu percer la nuit sombre
Qui nous cache l'avenir.
Plein d'une austère sagesse, L'un - fait de savants efforts Pour établir que sans cesse Les âmes changent de corps ; L'autre 3, osant donner atteinte
i . Ces quatre vers assez obscurs sont pour signifier la mort, et la mort telle que l'entendait Épicure, dont on retrouve encore un précepte, ou un encouragement, dans la strophe suivante.