Voyez ses Mémoires, p. 269 et suivantes
4. Quelque temps après, Gourville (voyez ses Mémoires, p. 273- 286), ayant réussi à entrer dans Bordeaux, sous prétexte d'en retirer les meubles du duc de la Rochefoucauld, fut assez adroit ou assez heureux pour amener le prince de Conty et Mme de Longueville à faire, à leur tour, leur soumission, à la fin de juille ti653.
lviii NOTICE BIOGRAPHIQUE
tout à fait son ancien maître pour le nouveau. Si actives que fussent ses fonctions auprès de Mazarin, il demeura toujours dévoué à la personne et aux intérêts du duc. « Il n'oublia pas, en aucun temps, qu'il devoit tout à M. de la Rochefoucauld, » dit Saint-Simon dans le portrait qu'il a tracé de lui1, et où il nous parle, comme dune chose prodigieuse, on le conçoit sans peine, du mariage secret qui l'avait uni, à ce qu'il paraît, à l'une des trois sœurs de M. delà Rochefoucauld (François VII)2. « Il étoit, dit-il, continuellement chez elle à l'hôtel de la Rochefoucauld, mais, toujours et avec elle-même, en ancien domestique de la maison. M. de la Rochefoucauld et toute sa famille le savoient, et presque tout le monde ; mais à les voir, on ne s'en seroit jamais aperçu. Les trois sœurs filles, et celle-là, qui avoit beaucoup d'esprit, et passant pour telles3 (pour filles), logeoient ensemble dans un coin séparé de l'hôtel de la Rochefoucauld, et Gourville à l'hôtel de Condé. » Notre auteur, qui, au temps où nous voici arrivé, était âgé de quarante et un ans, s'était retiré dans ses terres, et tantôt à Verteuil, tantôt à la Rochefoucauld, il y passa plusieurs années dans une solitude relative, dont ses déceptions et aussi sa gêne pécuniaire lui faisaient sentir la douceur non moins que la nécessité. Là, tout en écrivant une partie de ses Mémoires^, il travaillait à refaire à la fois sa santé et son patrimoine. Grâce à Gourville, qui avait su amasser, de bonne heure, une très-grosse fortune, il réussit tant bien que mal dans la seconde partie de l'entreprise.
i. Mémoires de Saint-Simon, tome III, p. 42 1-^23, édition de 1873. — Voyez aussi, dans les Causeries du lundi, de Sainte-Beuve (tome V, p. -î83-2go,, 2de édition), la notice sur Gourville.