‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 39 sur 469 · Voyez ci-dessus, p. xni · texte numérisé non relu

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3. Il y a bien telles dans le manuscrit ; avec ce pluriel, il faudrait, ce semble, toutes après passant.

4- Nous renvoyons à la Notice spéciale qui est en tête du tome II, pour ce qui concerne ces Mémoires, dont Bayle a poussé si loin l'éloge qu'il va jusqu'à nous dire : « Je m'assure qu'il y a peu de partisans de l'antiquité assez prévenus pour soutenir que les Mémoires du duc de la Rochefoucauld ne sont pas meilleurs que ceux de César. » (Dictionnaire, article César, tome I, p. 83 1 , note 0, édition de Rotterdam, 1720.)

SLR LA ROCHEFOUCAULD. ltx

L'ex-secrétaire nous apprend lui-même qu'en 165^, se trouvant « on argent comptant, » il songea « à traiter des anciennes dettes de la maison de la Rochefoucauld. » 11 obtenait « des remises, » qu'il mettait au profit du duc. Il écrit ailleurs, dans ses Mémoires, à la date de 1661 : « M. de la Rochefoucauld, n'étant pas trop bien dans ses affaires, me demanda de vouloir bien lui faire le plaisir de recevoir les revenus de ses terres, et de lui faire donner, tous les mois, quarante pistoles pour ses habits et ses menus plaisirs : ce qui a duré jusqu'à sa mort. Non-seulement j'avois soin de faire payer les arrérages, mais encore d'éteindre beaucoup de petites dettes de sa maison, tant à Paris qu'en Angoumois : ce qui lui faisoit un plaisir si sensible, qu'il en parloit souvent pour mieux le témoigner. M. le prince de Marcillac, voulant aller à l'armée, se trouva sans argent ni équipage, et désirant d'y porter un service de vaisselle d'argent, sa famille jugea qu'il lui falloit jusqu'à soixante mille livres : je les prêtai, et elle m'en fit une constitution. Il m'emprunta encore, de temps en temps, jusqu'à cinquante mille livres ; et ayant encore eu besoin de vingt mille livres, je me disposai à les lui prêter; M. de Liancourt, qui sut jusqu'où ces emprunts alloient, et qu'ils n'étoientpas trop assurés, dit qu'il s'en rendoit caution, pour que je ne pusse y perdre. » La même année, comme la Rochefoucauld délibérait, non sans un crève-cœur bien naturel, s'il ne vendrait pas son bel équipage de chasse, ce fut encore Gourville qui lui épargna cet ennui, en s'accommodant « avec celui qui en avoit soin » et en payant à ce dernier « la moitié de la dépense » par mois et par avance. Enfin, en 1662, le duc, toujours à court d'argent, obtient de l'industrieux homme d'affaires qu'il fasse le « salut de sa maison » en lui achetant au prix de trois cent mille livres, c'està-dire « au denier trente, » sa terre de Cahuzac, « qui valoit dix mille et quelques livres de rente1. »

La Rochefoucauld avait lui-même sur le prince de Gondé de grosses créances, qui remontaient au temps de la Fronde ; mais l'auguste débiteur ne s'acquitait que fort lentement ; treize ou quatorze ans après la guerre, le duc était encore

1. Mémoires de Gourville, p. 322, 3/J5, 356 et 357, 36o et 36i.

lx NOTICE BIOGRAPHIQUE

en instances pour se faire rembourser1. Gourville rapporte dans ses Mémoires2 qu'il essaya d'intéresser le surintendant Foucquet3 à la fortune de son premier maître : « Il me rebuta fort, écrit-il. en me disant qu'il savoit bien que M. de la Rochefoucauld n'étoit pas de ses amis ; mais il ne voulut jamais s'ouvrir à moi devantage sur cela. » Cette assertion semble pourtant contredite par un document manuscrit qui existe à la Bibliothèque nationale i ; nous lisons en effet, dans une pièce de la main du docteur Vallant, intitulée : Mémoire de certaines choses que l'on a trouvées chez M. Foucquet après quil fut

arrêté: « On a trouvé une liste de pensionnaires; M. de

Bcaufort a quarante mille livres, Grandmont (Gramont) , Clérembault et un autre maréchal de France, a chacun dix mille écus ; deux ducs et pairs, la Rochefoucauld et un autre, dix mille écus. » Si quelque brouille était survenue depuis entre le duc et Foucquet, il n'y en avait pas moins eu d'abord services et promesses de reconnaissance : « J'ai beaucoup de confiance en l'affection de M. le duc de la Rochefoucauld et en sa capacité, écrit le Surintendant dans le fameux projet intitulé Secret, rédigé en 1657, et trouvé à Saint-Mandé3 ; il m'a donné des paroles si précises d'être dans mes intérêts, en bonne ou mauvaise fortune, envers et contre tous, que comme il est homme d'honneur et reconnoissant la manière dont j'ai vécu avec lui et des (sic) services que j'ai eu intention de lui rendre, je suis persuadé que lui et M. de Marcillac ne me manqueroient pas à jamais. » Peut-être faut-il chercher,

1. Voyez au tome III, p. io,4, la lettre à Guitaut du 20 août

1667, el ^a note ^ ^e la Page I9^-

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