‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 438 sur 469 · ADDITION A LA CORRESPONDANCE · texte numérisé non relu

ADDITION A LA CORRESPONDANCE

(Voyez ci-dessus M Avant-propos. p. i, u, vin et IX.)

Portrait de Mme de Moxtespas '.

(Fol. 49 v°-5o r° du ms.)

Diane2 de Rochechouart est fille du duc de Mortemart et femme du marquis de Montespan. Sa beauté est surprenante ; son esprit et sa conversation ont encore plus de charme que sa beauté3. Elle fit dessein de plaire au Roi et de l'ôter à la Vallière* dont il étoit amoureux. Il négligea longtemps cette conquête, et il en fit même des railleries3. Deux ou trois années se passèrent sans qu'elle fit d'autres progrès que d'être dame du palais attachée particulièrement à la Reine6 , et dans une étroite familiarité avec le Roi et la Vallière. Elle ne se rebuta pas néanmoins, et se confiant à sa beauté, à son esprit, et aux offices de Mme de Montausier7, dame d'honneur

1. Voyez au tome III, impartie, p. 202, la note 3 de la lettre 99 de la Rochefoucauld, le seul endroit des OEuvres où se trouve le nom de M r.e de Montespan.

2. L'auteur confond pour le prénom la fille avec la mère. Celle-ci s'appelait Diane ; mais la marquise de Montespan, Françoise- Athéniis.

3. Spanheim, dans sa Relation de la cour de France (p. i3), dit a qu'elle contribua (à la durée de l'amour du Roi) autant par les charmes de son esprit, de sor entretien, que p:ir ceux de sa beauté. »

4. Louise-Françoise de la Baume- le-Blanc de la Vallière, née en 1644, titrée en 1667 duchesse de Vaujours et de la Vallière, était devenue maîtresse du Roi en 1661. Elle mourut en 17 10.

5 Saint-Simon (tome XII, p. 85) ne prête pas à Mme de Montespan ce dessein préconçu de plaire. Lorvqu'elle s'aperçut que le Roi était touché de sa beauté, « elle pressa, dit-il, vainquent son mari de l'emmener en Guyenne; une folle confiance ne voulut pas l'écouter. Elle lui paiioit alors de bonne foi. » Mademoiselle (tome IV, p. 49) rapporte d'elle ce discours . « Dieu me garde d'être la maîtresse du Roi! Mais si je l'étois, je serois bien honteuse devant la Reine. »

6. Lorsqu'une fois elle « disposa seule, comme dit Saint-Simon (tome cité, p. 86), du maître et de sa cour, » elle eut la charge de chef du conseil et surintecdante de la maison de la reine Marie-Thérèse,

7. La célèbre Julie-Lucine d'Angennes, marquise de Rambouillet, née en 1607, mariée en 'G45 à Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier. Elle fut nommée en 1GG4 dame d'honneur de la Reine, et mouiut en 1G71. Spanheim dit (p. 40) que

Page 1