‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 57 sur 469 · Mémoires de Gourville, p. 4o · texte numérisé non relu

Mémoires de Gourville, p. 4o

[\. Lettre du 23 mars 1671, tome II, p. 125.

SUR LA ROCHEFOUCAULD. lxxxv

faire porter dans les maisons, ou dans son carrosse pour prendre l'air'. » Une semaine plus tard, Mme de Sévigné constate un mieux sensible ; elle écrit à sa fille chez Mme de la Fayette, chez qui elle fait, comme elle dit, son paquet : « M. de la Rochefoucauld que voilà vous embrasse sans autre forme de procès, et vous prie de croire qu'il est plus loin de vous oublier, qu'il n'est prêt à danser la bourrée : il a un petit agrément de goutte à la main, qui l'empêche de vous écrire dans cette lettre'-. »

Les jours où la Rochefoucauld était paralysé par la souffrance, ses amis se réunissaient chez lui, ou chez Mme de la Fayette, quand il se pouvait faire transporter chez celle-ci. Mme de Marans surtout, qui appelait le duc son fils, et qu'on nommait, elle, « sa folle de mère3, » et Mme de Sévigné s'y installaient, en quelque sorte, à demeure ; la dernière y faisait même, nous venons de le voir, sa correspondance, ses paquets*. Au printemps de l'année 1672, après un hiver brillant à l'hôtel de Liancourt, l'horizon s'assombrit de nouveau pour la Rochefoucauld. Mme de la Fayette, de plus en plus affaiblie par le mal et dévorée par la fièvre, se retire à Fleurysous-Meudon, pour « se reposer, se purger, se rafraîchir5. » Lui, reste seul dans sa chaise de goutteux ; « il est dans une tristesse incroyable, et l'on comprend bien aisément ce qu'il a6. » Quelques jours après s'ouvre la fameuse campagne du Rhin, chantée par Boileau ; la Rochefoucauld, accablé de chagrin, voit tous ses enfants partir pour l'armée1. Au commencement du mois suivant (4 mai), il perd sa mère, Gabrielle du Plessis-Liancourt. Mme de Sévigné s'exprime sur le chagrin du duc de manière à en faire voir toute la profondeur :

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