‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 58 sur 469 · Lettre du 27 avril 1672, tome III, p. 4o · texte numérisé non relu

Lettre du 27 avril 1672, tome III, p. 4o

lxxxyi NOTICE BIOGRAPHIQUE

« Il a perdu sa vraie mère1, dit-elle, je l'en ai vu pleurer avec une tendresse qui me le faisoit adorer — Le cœur de M. de la Rochefoucauld pour sa famille est une chose incomparable2. » Quelques mois plus tard arrive la nouvelle du passage du Rhin, suivie aussitôt de celle des pertes que la noblesse y avait faites. Il apprend que le prince de Marcillac a été grièvement blessé, que son quatrième fils, le chevalier, a été tué, ainsi que le duc de Longueville. « Nous étions chez Mme de la Fayette, dit Mme de Sévigné3.... Cette grêle est

tombée sur lui en ma présence Ses larmes ont coulé du

fond du coeur, et sa fermeté l'a empêché d'éclater. » Plusieurs fois la marquise revient sur ce triste sujet : « J'ai vu son cœur à découvert dans cette cruelle aventure ; il est au premier rang de ce que j'ai jamais vu de courage, de mérite, de tendresse et de raison. Je compte pour rien son esprit et son agrément4. » — « N'oubliez pas, dit-eile encore dans une lettre à sa fille, d'écrire à M. de la Rochefoucauld sur la mort de son chevalier et la blessure de M. de Marcillac; n'allez pas vous fourvoyer : voilà ce qui l'afflige. Hélas ! je mens : entre nous, ma fille, il n'a pas senti la perte du chevalier, et il est inconsolable de celui que tout le monde regrette5. »

i . Par comparaison avec ce qui est dit quelques lignes plus bas, dans la même lettre, de Mme de Marans : voyez ci-dessus, p. lxxxy.

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