Lettre du (\ mai 1672, tome III, p
3. Lettre du 17 juin 1672, tome III, p. 108 et 109. 4- Lettre du 20 juin 1672, tome III, p. 119.
5. C'est-à-dire du duc de Longueville (Lettre du i(\ juin 1672, tome III, p. 121). — Charles-Paris d'Orléans, d'abord comte de Saint-Paul, était devenu duc de Longueville en 1671 par donation de son frère aîné, Jean-Louis-Charles d'Orléans, qui, entré dans les ordres, mourut, le dernier de sa maison, en i6g4- Charles-Paris était né, on le sait, à l'Hôtel de Ville de Paris, le 29 janvier i64g- Henri-Louis de Brienne (tome II, p. 2^0, des Mémoires déjà cités) parle de son extrême ressemblance avec le duc de la Rochefoucauld, dont il était fils en effet. Il avait été question de le marier avec Mademoiselle, puis avec la sœur de l'Empereur, ce qui lui eût valu le trône de Pologne à la place de Michel Coribut Wiesniowiecki. L'affaire semblait être sur le point de se conclure, lorsqu'il fut tué (Mémoires de Mademoiselle, tome IV, p. 397 et 3g8). Le Roi ne l'aimait pas, et ne voulut pas lui donner le
SUR LA ROCHEFOUCAULD. lxxxvii
On comprend qu'après cela, malgré ses succès de salon et ses succès littéraires, auxquels il était également sensible, malgré l'amitié caressante de Mme de la Fayette et de Mme de Sévigné, la mélancolie de la Rochefoucauld, si rudement atteint dans son corps et dans son âme, n'ait fait que s'accroître dans les dernières années de sa vie. Il y a deux choses dont il nous parle dans ses Maximes avec une persistance significative : l'ennui, auquel il ne trouvait de remède que dans son extrémité même1, et cette indolence, qu'il appelle la paresse, et qui, telle qu'il la définit, n'est autre que le découragement2. Dès le mois d'août 1671, il avait cédé sa duché-pairie à son fils aîné, « politique et complaisant3, » partant fort bien en cour, pourvu d'une bonne pension, puis, plus tard successivement, avant la mort de son père, du gouvernement du Berri, à la place de Lauzun (décembre 1671), de la charge de grand maître de la garde-robe4 (octobre 1672), et enfin de celle de
gouvernement de Normandie. Mademoiselle (ibidem, p. 399) dit qu'il avait « un air fort méprisant. » La vérité est qu'il parlait peu, et avec beaucoup d'esprit, comme son père. Comme son père aussi, son père naturel bien entendu, il était fort aimé des dames : Mme de Thianges, Mme de Brissac, la marquise d'Huxelles et autres, qui voulaient l'accompagner en Pologne et qui, à sa mort, portèrent le deuil. Il y eut, dit Mme de Sévigné (tome III, p. ilxi), « un nombre infini de pleureuses. » Ce duc de Longueville laissait de Mlle de la Fer té un fils naturel, le chevalier de Longueville, tué plus tard à Philipsbourg (1688) par un soldat qui tirait une bécassine. — La douleur de Mme de Longueville ne fut pas moins vive que celle de la Rochefoucauld ; c'était à faire fendre le cœur, dit Mme de Sévigné (20 juin 1672, tome III, p ii3-ii5), et elle ajoute : « J'ai dans la tête que s'ils s'étoient rencontrés tous deux dans ces premiers moments, et qu'il n'y eût eu que le chat avec eux, je crois que tous les autres sentiments auroient fait place à des cris et à des larmes, qu'on auroit redoublés de bon cœur : c'est une vision. »