‹ Œuvres de La RochefoucauldChapitre 76 sur 469 · Chez Delort et Fournier, « dès que l'on · texte numérisé non relu

Chez Delort et Fournier, « dès que l'on

h. Le nom propre est ainsi en abrégé dans l'original. Tournier croit voir là une petite preuve de « rare délicatesse ».

5. Delort et Fournier ont supplie, au lieu de prie ; à la suite, Fournier omet cela après ôter.

6. Tel est le texte de Sainte-Beuve; chez Fournier, « qui le l'eust » ; chez Delort, « qui le l'ait ». Ce le de trop est probablement, par inadvertance, dans l'autographe.

La Rochefoucauld, i h

cxn APPENDICES

extrait, impliquent vive estime et soient d'une tendre et familière amie ? Puis la communication par un tiers ne suffit-elle pas à montrer que lepoque d'entière confiance où l'on ne se cachait rien et où l'on se voyait si souvent, n'avait pas encore commencé ?

SUR LA MALADIE, LA MORT ET l'aUTOPSIE DU DUC DE LA ROCHEFOUCAULD.

(Voyez ci-des9us, p. xci et xcn.)

Un recueil fort rare, publié, dans l'année même, par Nicolas de Blegny, sous ce titre : Le Temple d'Esculape ou le Dépositaire des Nouvelles découvertes qui se font journellement dans toutes les parties de la médecine1, contient (tome II, in-12, 1680, p. 277-291, et p. 3oo- 3og) « sur la mort et sur l'ouverture de Mgr le duc de la Rochefoucauld » une correspondance qui aurait pu fournir à Molière, s'il n'eût précédé le moraliste de sept ans dans la tombe, quelques épigrammes nouvelles. C'est une lettre adressée par l'abbé Bourdelot, premier médecin de la reine de Suède (Christine) et de S. A. S. Monseigneur le Prince, au célèbre Fagon, alors premier médecin de la Reine (de France), puis la réponse de Fagon et une réplique de Bourdelot. Celui-ci, rendant compte de l'a ouverture » du corps faite par le docteur Morel, affirme que « la cause de la mort a été la grande abondance du sang qui a gorgé et inondé le poumon, » et amené « la suffocation de cette partie. » Trois ans auparavant, Bourdelot avait traité le duc d' « une péripneumonie — avec crachement de sang, » et l'avait sauvé, dit-il, en le faisant v saigner vigoureusement. » Lors de la rechute, les médecins (« MM. Lisot, Duchesne et moi ») conseillèrent aussi « de grandes saignées des pieds et des bras ; » mais « les parents et assistants, par tendresse ou mal persuadés sur les remèdes, n'y ont point voulu consentir —

1. Nous devons la connaissance de ce livre, que nous avon9 trouvé à la Bibliothèque nationale, à M. Ch. Livet, qui possède et a bien voulu nous communiquer un exemplaire de la traduction latine qui en a été publiée à Genève, en 1682, sous ce titre singulier : Zodiacus medico-gallicus. — On peut voir, au sujet de ce curieux répertoire médical, une note d'Edouard Fournier au tome II (p. 177) de l'édition elzévirienne du Livre commode, de 1692, publié, sous le nom de du Pradel, par le même Blegny ou de Blegny, et, sur l'auteur, les pages xliii et suivantes de l'introduction placée par Fournier en tète du tome 1 dudit Livre commode.

DE LA NOTICE BIOGRAPHIQUE. cxt

Nous sommes dans un siècle où tout le monde croit être médecin. Il y a une corruption dans les esprits qui les empêche d'entendre tout ce qui est raisonnable et leur fait avoir recours à des remèdes bizarres, qui sont toujours funestes. Les parents et les amis du malade s'opposèrent à la saignée. Ils dirent qu'il étoit âgé, que la

saignée n'etoit point bonne aux goutteux, que le médecin anglois ' et d'autres gens guérissoient les fièvres sans saignées, et, pendant qu'ils s'opiniàtrèrcnt à s'en tenir à ces petites raisons et à d'autres aussi méchantes, le poumon s'étant gorgé de sang, » les symptômes devinrent de plus en plus graves et la mort suivit.

Fagon, avec des ménagements d'infinie politesse, admet que le malade « est mort suffoqué par le débordement du sang dans le poumon, » mais il 'veut que ce soit le cerveau qui, « inondé d'une sérosité maligne, » ait causé le dernier étouffement « par la paralvsie des nerfs du poumon et du diaphragme. » Bourdelot maintient son dire : à savoir, que « la cause de la mort et celle du mal par

conséquent étoit principalement renfermée dans le thorax 11

n'y a point eu de transport au cerveau, car le raisonnement du malade a toujours été bon. » Mais ce que surtout il soutient jusqu'au bout et ce que son confrère ne nie pas, c'est « que de bonnes saignées l'auroient guéri. »

Il y a dans les Portefeuilles de Yallnnt, tome XIV, p. 137-1^0, une note, de sujet analogue, sur la mort et l'autopsie de Mme de Longueville, décédée dans la nuit du vendredi au samedi i5 avril 167g, « à quatre heures et un demi quart du matin, âgée de cinquante-neuf ans et demi ; « elle en auroit eu soixante accomplis le jour de saint Augustin, qui est le 28e août. Elle n'avoit eu pendant sa maladie nulle frayeur ni trouble. » L'autopsie fit voir « la rate pourrie et en bouillie noire ; le rein gauche de même et fort petit... ; le cœur grand et flétri ; quasi point de sang dans la (veine) cave... ; cerveau flétri, avec de l'eau rougeâtre dans les ventricules. » — Hélas ! qu'était devenue cette beauté tant prisée dans sa jeunesse et dont le souvenir a passionné, de nos jours encore, un éloquent historien-philosophe ?

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