‹ Œuvres de Lagrange (volume 3)Chapitre 1 sur 102 · DIVERS SAVANTS · texte numérisé non relu

DIVERS SAVANTS

Pll'.LIEE ET ANNOTEE

Par Ludovic LALÂNNE.

A la scaïu-c du 22 mai itSi "i do rAcadéniic dos Sciences, on liif une lettre du .Ministre de l'Intérieur (C.arnot) annonçant à la (^ompaiçnic; qu'il avait acquis, j)ar ordre de l'Empereur, les manuscrits laissés par Lagrange. ils devaient être déposés à l'Institut « qui nommerait une Commission pour les mettre en ordre et en surveiller l'impression ». La Commission, nommée immédiatement, se composa de MM. Legendre, Prony, Poisson et Lacroix ('), et le 3 novembre itSiy Lacroix lut à l'Académie le Rajjport qui a été imprimé dans le ïome XII (p. 387) de la présente édition et dont les conclusions furent adoptées (-).

Ces papiers, classés avec soin et conservés à la Bibliothèque de l'Institut, forment deux séries.

La première comprend dix volumes in-f"; la seconde six volumes in-4°. C'est dans cette série (t. lY, V et VI) que se trouvent les lettres adressées à Lagrange par d'Alembert, Euler, etc. Le don que \jine O'Connor, fille de Condorcet, fit à l'Institut des papiers de son père, vint heureusement compléter cette précieuse collection. Ils contenaient, en effet, non seulement les lettres de Lagrange à Condorcet,

(•) Procè.s-vcrbaii\ manuscrils, année 181 5, p. mji.

I - 1 Ce Rapport navail pas élc communiqué au .Ministère. Aussi, au mois de juin i8.',(), le .Ministre de l'Intérieur (le comte Siméon) écrivit à l'Académie pour demander ce (pii avait été fait des manuscrits de Lagrange, achetés, disait-il, par son prédécesseur. On lui répondit en lui envoyant une copie du Hapjjorl do Lacroix (Procès-verbaux manuscrits, séance du 19 juin 1820, p. -x^).

mais celles qu'il avait écrites à d'Alembert qui les avait léguées à Condorcet.

La correspondance entre Lagrange et d'Alembert occupe tout le treizième Volume de la présente édition ; elle est, en dehors des questions scientifiques, fort intéressante et pourra fournir de curieux détails aux biographes futurs de ces deux illustres géomètres.

Des lettres que Lagrange échangea avec Condorcet, il ne nous reste que les siennes. Il est probable qu'à l'époque de la Terreur, où il ne fut pas sans inquiétude pour lui-même, il se décida par prudence à détruire celles que lui avait écrites le célèbre girondin.

La correspondance avec Euler roule uniquement sur des sujets scientifiques. Elle est tirée soit du Tome IV de la série in-4°, soit d'une brochure publiée en 1877 par le prince Boncompagni d'après les originaux conservés à Saint-Pétersbourg, où le grand géomètre passa une partie de sa vie (').

C'est à l'obligeance de la petite-fille de Laplace, feu M'"" la marquise de Golbert-Laplace, que nous sommes redevables de la Correspondance de Lagrange avec Laplace, qui, heureusement, avait eu le soin de conserver les minutes des lettres toutes scientifiques qu'il lui écrivait.

Quant aux Lettres et pièces diverses qui terminent ce Volume, elles nous viennent de divers côtés, et nous avons eu soin d'indiquer la provenance de chacune d'elles.

Nous devons tout particulièrement remercier le savant géomètre

( ' } Lettres inédites de Joseph-Louis Lagrange à Léonard Euler, tirées des archives de la salle des Conférences de l'Académie impériale des Sciences de Saint-Pétersbourg ; Saint-Pétersbourg, 1877, 52 p. in-i". Ces lettres sont reproduites en héliogravure.

de Gôttingen. >I. le professeur Schering, pour la complaisance (|iril a mise ii nous envoyer la copie des deux lettres de Lagrange à Gauss. Ces lettres et pièces sont rangées par ordre chronologicfue, à partir (le la page 268. lîllles nous mÎMient jusqu'à un mois avant la mort de I.açfranffe. La d(>rnière lettre (lu'il ait écrite est un remerciement adressé à une demoiselle de Saint-Clair, dont la famille était intimement liée avec lui, comme on le voit par la lettre suivante d'un ami (jui a assisté à ses derniers moments :

Mon cher Saint-Clair, on m'apporte votre lettre dans un moment d'ariliclion la plus vive que j'aie éprouvée de ma vie. Nous sommes tous dans la désolalion. M. Delagrange, cette connaissance que je vous dois, car cet homme, (|ui avait tant de bontés pour moi et que je révérais comme un père, vient de mourir dans les bras de ma femme. Après douze jours d'une maladie qui n'annonçait pas le moindre danger, il s'est éteint; il n'a pas souffert. Ah! si vous l'eussiez vu dans les derniers moments : quelle bonté! quelle force d'âme! quelle philosophie! Toujours cette tête pensante qui ne sera point remplacée. Son épouse a pensé mourir de douleur. M. Parfouru et moi sommes chargés des tristes fonctions de consoler sa femme et de faire rendre à l'époux les derniers devoirs. Il est mort hier à 9 heures du malin. On l'a embaumé aujomd'hui. Mardi on le conduira au Panthéon. Potel a été son médecin; il a montré une sagacité étonnante, et un cœur comme il y en a peu. La maison est fermée; nous essuyons des larmes et nous en versons....

Présentez mes respects à M"" de Saint-Clair et recevez mes tendres amitiés,

Maike (').

1 1 avril i8i3.

L'impression de ce Volume était commencée depuis longtemps, lorsque la mort vint frapper M. Serret, qui, comme on sait, avait

(') L'adresse porte : « Monsieur, Monsieur de dieux de Saint-Clair, à la Pinsonnière près Vire, à Vire, département du Calvados. L'original appartient à M. Lud. Lalanne. — Voir le Précis historique sur la vie et la mort de J.-L. Lagran^^e, par MM. .I.-J. Virey et PolcI. Paris, V Courcicr, i8i3. -n. p. in-i"-

dirigé la publication des OEuvras de Lagrangc. II fui remplacé par M. Darboux, quo je ne saurais trop remercier de l'obligeance avec laquelle il a bien voulu me donner ses conseils. Je n'ai pas besoin de dire que c'est à lui seul qu'est due la revision de la partie scientifique contenue; dans les lettres.

J'ai tenu à faire, pour cbaeun de ces deux Volumes de (Correspondance, des sommaires assez détaillés du contenu des lettres. Enfin j'ai rédigé une Table alphabétique des matières que j'ai tâché de rendre aussi complète que possible.

Ludovic Lalanne.

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