L.vciioix
LAt; RANGE AL PRINCE
Paris, v>4 ocldlirc 1791 ( ')•
Voti'(> souvenir. .Mon^ieur le Prince, et les nouveaux témoignages d'intérêt (|ne vous avez la bonté de me donner me touclienl d'autant plus (jue je devais craindre que mon silence n'eût refroidi les sentiments dont vous m'honor(>z. Je vous supplie de ne l'attribnei- qu'à l'incertitnde où j'étais de votre demeure, et à l'agitation dans la({uelle j'ai vécu pendant nos troubles. Pour n'avoir été que simple spectateur de tous les événements qui sont arrivés, je n'en ai pas été moins affecté. Maintenant que la tranquillité et l'ordre sont rétablis, je ne regrette pas d'avoir assisté à un spectacle, le plus intéressant pour les philosophes mêmes, celui d'une grande nation qui se crée un nouveau gou-
des Correspondants n'avait pas été faite suivant l'usage, et ayant demandé M. De I.a Croix à la place de M. de Condorcet qui se l'était attribue, on a délibéré. Il a été arrôic (jue los travaux de M. De La Croix étant analogues à ceux de M. de Condorcet, qu'on ne changerait rien à ce (}ui a été fait, mais qu'à Tavcnir la dislriliution des Correspdudanls se forait dans l'Académie, suivant l'usage. »
Dans la séance du 29 août ijHg, les commissaires de l'Académie ciiargés de |)ro|)oser les Correspondants et de les distribuer entre les académiciens avaient probablement laissé Condorcet prendre pour lui Lacroix, sans attendre le vote de la Compagnie. Ces Commissaires étaient tirés au son. un dans chaque classe. Il y avait huit classes.
( ') Cette lettre, dont l'original se trouve à la bibliothèque de l'Université de i'ise, a été publiée dans la Ninn-a autliologia. Nous en devons la cojde à .M. Charles llonry. On ignore à qui elle est adressée.
vernemciit, non [)ar la force clos armes, mais par (('lie de la [jarolc et tlo l'opinion pul)li(|ue.
Je vous remercie de tout mon cœur de la part que vous voulez bien prendre à ce que l'Assemblée nationale a fait à mon égard. Si elle m'a conservé la pension ([ue le Roi m'avait donnée, c'est qu'elle a voulu respecter un engagement dont les titres existaient au bureau des Alfaires étrangères, et d'après lequel j'avais demandé mon congé à Berlin pour venir m'établir en France. Je ne crois pas que Mirabeau v ait contribué en rien; il était alors dans un tourbillon (jui ne lui permettait pas de s'occuper d'atfaires particulières, et nous ne nous sommes point vus pendant tout le temps qu'il a été à l'Assemblée. J'ai été bien flatté de l'honneur qu'on m'a fait de m'inviter à venir en Toscane; ma ré])ugnance à changer de situation sans nécessité, et surtout à entreprendre une nouvelle carrière, m'a empêché d'en protiler; je n'en suis que plus sensible à vos bontés qui me l'ont attiré. Le séjour de Paris n'a rien [)erdu de ses avantages et de ses agréments pour ceux (|ui ne les faisaient pas consister à faire leur cour et à attraper des grâces; il a même acquis un plus grand intérêt par la discussion [»ublique des principaux objets du gouvernement. Je désirerais bien (jue vos campagnes fussent dans les environs de Paris, qui ne b» ci'diuit peut-être à ceux de Naples que par le climat; nous pourrions y philosopher (|uelquefois sur la vanité et la fragilité des choses humaines, dont on a eu ici un grand exemple; mais je ne puis que vous ollVir de loin les assurances des vrais sentiments d'estime et d'attachement que vos bontés m'ont inspirés pour la vie. J'ai l'honneur d'être avec respect, Monsieur le Prince,
Votre très humble et très obéissant serviteur,
Di: La(;i!Am;e.
Al \ CITOYENS AD.MlMSTIUrKlJUS DU DEPAKTK.MKNT 1)K PARIS.
Paris, 'iG prairial, l'an 11 de la K("[Mihli(|iic IVai^'aiso uik; cl indivisible (i3 juin 171)1 ) ( ' ). ('iTOM.NS,
NOiis nie (Iciuaiulcz mon avis sur h' .Mémoire du ciloycii (Jiivard (-), (jiic je vous l'ouvoie ci-joint. Je suis obligé d'avouci- (|U(' je u'v cnfcnds
rien. Il pi'otcnil avoir trouvé que le nombre 9 — est moyen piopor-
liouncl entre les nombres 7 et 14. Suivant la langu<' des géomètres, il faudrait, pour que cela fût, que le produit de 7 par i^j, savoir <)tS,
égalât le carre de o -^> c est-a-dire de ^^— • Or ce carre est ^^— ^ ou
■^ •' QO no qSoi
)3 , ,, — , or I 01
bien 07 %-^5 et l'on voit (lue ce dernier nombre est moindre (lue (iS de •" 9001 • '
la traction -^—- Il prétend, de i)lus, pouvoir donner le rapport exact giSoi ^ ' ' ' ^
de la diagonale au coté du carré, ce (jui est impossible en nombres, (>t
n'a aucune difticulté en Géométrie. Comme il ne donne pas sa méthode,
je n'en puis rien dire; mais, à coup sur, elle ne peut pas être bonne,
puisqu'elle conduit à des conséquences conti'aires à la vérité.
Salut et fraternité, L.\(;uAN<;i:.
(') Communication du savant chimiste feu M. DuJjrunfaut.
(^) Si je ne me trompe, le citoyen Guyard est le professeur Gaillard, (pii était ai;ré!j;é divisionnaire de Matliémaliques au collège Louis-lc-Grand lorsqu'il périt écrasé [)ar une cliarrettc dans une cour de cet établissement.
286 LETTIU-:S ET PIÈCES DIVEHSES.
LAGRANCE A ....
Paris, lo germinal, 3" Rcpiib. (in mars 179')) ( ').
Je vous adresse, citoyen, conformémenl à l'invitation que je viens de recevoir, la note de mes noms, etc. :
.Toseph-Louis Lagrange, géomètre, né à Turin, le 2) janvier r7'^(),
établi à Paris, et membre de la ci-devantAcadémie des Sciences depuis
1787, professeur de l'Ecole Normale, demeurant depuis i-<S<S rue Fro-
menteau, n" 4» section du Muséum.
Salut et fraternité,
La(;p,an(;i:.