V. FOSSOMBUONI
(')Mss. in-'(°, t. V, f° 199. — Le comlc ViUorio p-ossombroni, inizônioiir el lioiniiio d'État, né le i5 septembre ijli, iiiorL le i3 avril 1844. — Le Cuialo^iie of scientific Papers, publié par la Société royale de Londres, donne (t. IL p. Gjij la liste des travaux qu'il a insérés dans les Mémoires de diverses sociétés italiennes.
C^) Le baron Jean-Valentin-Maliiias Fabbroni, ingénieur, naturaliste, né à Florence le \'\ février \-:'yx, uiorl le 17 déceiiilire jSaa.
LAGRAXGE A LAGARDE.
Paris, 2 j nivôse an IX ( ' ).
MoNsiF.rn,
J'ai reçu, mon cher correspondant, avec autant de plaisir que de reconnaissance votre dernière lettre et le paquet que Duprat (*) m'a envoyé de votre part. Je lui ai remis aussitôt les 28' du prix du X^ Volume de Pétersbourg. Je vous prie instamment de ne pas négliger de me faire passer les suivants à mesure qu'ils paraîtront, ainsi que ceux de Berlin dont le dernier que j'ai est celui de 1794-95, qui a paru eu 1 799. Je vous remercie des différents cadeaux que vous avez bien voulu me l'aire et, en particulier, de l'Ouvrage de Denina sur le Piémont que je lis avec d'autant plus de plaisir que je me suis depuis quelque temps un peu adonné à l'histoire. Je vous prie de me rappeler à son souvenir et à son amitié. Ma femme joint ses remerciements aux miens pour le beau roman que vous lui avez envoyé. C'est en effet une des meilleures productions de ^I™^ de Genlis et on en a déjà fait une ou deux éditions ('). Elle a voulu profiter d'un envoi que Fuclis (?) avait à vous faire pour envoyer à son tour une bagatelle à M™* de Lagarde. C'est un bonnet d'hiver en turban suivant la dernière mode. J'espère que la boite arrivera en bon état et avant le printemps; elle a dû partir il y a déjà quelques jours. J'ai mis dans la même boîte un petit paquet cacheté qui m'a été remis par Touin (^) à qui je l'avais demandé,
( ' ) CcUe lellrc est la première des deux lettres publiées en pliotolilhoj^rapliie par le prince Boncompagni et dont nous avons réimprimé la seconde {voir p. i3i). Le Tome XIV des Âtti, p. 459, contient une très intéressante Communication que le savant M. Genocchi a faite sur ces deux lettres à l'Académie de Turin le li février 187g. Il y est démonlré (jue le destinataire de celle-ci. qui était sans adresse, est un libraire de Beilin, nommé Lagarde.
(*) Libraire à Paris.
(') Probablement Les mères rivales, roman qui parut à Paris en 1800, 4 vol. in-8", et a eu plusieurs éditions.
(*) André Tbouin, botaniste, jardinier en chef du Jardin des Plantes, membre de l'Académie des Sciences, né à Paris le 10 février \~Â~, mort le 27 octobre 1824-
conloiiant dos graines du chanvre de la Chine avec une pclile inslruclion sur la manière de les semer. Je n"ai pu les avoir plutôt, mais elles vous seraieni parvenues plus promptement si la boile n'avait pas été ])artie lorsque M. de Lucchesini (') m'ofiVit de vous (aire passer mon ])aquet par un de ses courriers. Je ])rofll('rai de ses bontés ])our un autre envoi.
Je- n'ai |)as une trop bonne idée de la seconde partie de V/iisloirc de Alonliicla qui est sous presse (-). Je crois que la matière était au-dessus des forces de l'auteur, je parle de la j)artie qui traite des progrès des Mathématiques dans le siècle qui vient de s'écouler, car pour la partie déjà connue il me semble qu'elle laisse bien peu à désirer. Le manuscrit est, je crois, achevé, du moins je ne sache personne qui soit chargé de le continuer. Lalande a soin de l'impression, mais il n'est pas en état de suppléer ce qui peut manquer.
Il me semble avoir lu quelque part que Kestener ( ') avait donné une histoire des Mathématiques. Si vous en connaissez une de lui, je vous serais infiniment obligé de me la faire parvenir, à votre commodité.
I/arrivée de M. de Lucchesini m'a fait un bien grand plaisir. Il m'a «lonné des nouvelles de loul ce (|ui m'intéresse à Berlin et a renouvelé des souvenirs qui me sont bien chers. J'espère (jue nous [)ourrons nous voir plus souveni lorsque les all'aires lui permetiront plus de loisirs, mais cet avantage ne diminuera jamais rien du prix (jue j'attache à la correspondance dont vous m'honorez, et que je vous prie de vouloir bien me continuer. Je vous offre de mon côté l'homma^o sincère des
(1 ) .lérùiiic, nuii-(|iiis de Luccliesini, diiiloiiiiilc |inissicri, né à Liicqiu's en ijâa, morl a Florence le 19 octobre 1823. Il élail alors niinislre de Prusse à Paris.
('-) Jean-Éliennc Monliicla, membre de l'Acadénue des Sciences, [mis de l'inslitut, né à lAori le 5 septembre ijaS, mort à Versailles le 18 décembre 1799. La première édition de Y Histoire des Matliéinotiques est de 17)8, ■?. vol. in-4°. I-a seconde, considérablement aiif;nientée, fut achevée par Lalande dont le travail justifia les craintes de Lagrani^e. Kilo i)arut de 1799 à 1802 en '\ volumes in-4".
( '^ ) Abraliam-Gottlielf Kaestner, mathémalicien, professeur à lUniversilé de (iiillini^ue. né à Leipzig en 1719, morl le 20 juin iSoo. La mémoire de Lagrangc ne le tromjiait pas, car on a de lui : Gescliicliie der Mailiciiidiik, (jollingen, 179^, 4 vol in-8".
sentiments par lesquels je vous suis attai'lié, ainsi que le désir île trouver des oeeasions tle vous en donner des preuves.
ROHDE A LAGRANGE.
Potsdani, 3 avril i8o3 (•).
Citoyen,
Avant toutes choses, je réclame votre indulgence pour le mauvais français d'un Hongrois de nation, .l'ai fait mes hommages à l'illustre Institut national d'un ^Mémoire intitulé : Principes du nivellement pour la figure composée de la Terre, ayant égard à toutes les différences de la réfraction; avec l'application à l'ellipsoïde osculateur de la France, et avec des Tables entièrement nouvelles; Halle, chez Renger, i8o3 (-), dont douze exemplaires sont partis de Halle, avec la poste du 23 de mars, sous le couvert de Amand Kônig, lihraire à Paris. Quoique les Tables en aient été calculées avec beaucoup d'attention il y a un an, néanmoins ce n'est que dans ce moment que je m'aperçois, en frémissant, d'une grande faute de calcul, relativement à la Table seconde. La source de cette faute est la ligne 4^» du n" 7 à la page i5 où, au lieu de
pour le logarithme de Briggs 6 = 55326 ( i -\ j pieds,
j'aurais dû mettre simplement
9 = 24080 ( 1 H I pieds.
C) Mss. in-|°, l. V, P 20 [.
(2) 38 p. 111-4°. — En lôlo se lit la dédicace suivante à l'Institut national de France : Citoyens, membres de l'Institut national, n'ayant trouve dans vos ouvrages immortels aucune trace de cet cgo'i'sme (|ui, répandant en général des biens très précieux, traite avec indifférence le sentiment de reconnaissance des étrangers qui en jouissent, je me livre sans réserve à ce sentiment le plus doux, et, sans chercher des termes expressifs dans une langue qui ne m'est pas familière, je dis simplement ce que je sens en ce moment :
Sine me ibis in url)eni,
Daignez, citoyens, recevoir avec indulgence ce Mémoire dicté par le respect le plus |)ur. XIV. 38
C'est pourquoi chaque nombre de la seconde Table devrait encore ôlre nuilliplié par cette fraction " ■• Quoique cette faute n'influe point du tout sur le fond du ^lénioire, néanmoins je sup[)lie l'illuslro Institut national de vouloir bien me la pardonner, peut-être en faveur du reste, et de me permettre do lui envoyer le plus respectueusement une feuille de supplément, contenant cette seconde Table entièrement corrigée.
La poste étant sur le point de partir, je ne vous demande, mon maître indulgent à qui je dois tant, que d'agréer les assurances de mon sentiment de reconnaissance le plus respectueux.
ROHDE,
Capitaine au service prussien.
Au citoyen Lagrange, de V Institut national de France, à Paris. Frey bis an die Grànze.