LAGRANGE AU MÈ^[E
Paris, ce 17 avril 180S.
Monsieur,
Permettez-moi do vous ofTrir un exemplaire do la nouvelle édition du Traité de la résolution des équations. Cet hommage vous est dû surtout comme à l'auteur de la belle découverte dont j'ai profité pour ramener la résolution des équations à deux termes au même principe que celle des équations du troisième et du quatrième degré. Votre dernière lettre m'a fait beaucoup de peine, et j'ai cru vous rendre service en la montrant au Prince Primat, qui est rempli d'estime pour vous, et qui s'intéresse particulièrement à ce qui vous regarde. Il m'a assuré depuis qu'il avait pris des mesures pour vous tirer d'embarras dans les circonstances actuelles. Je lui en ai d'autant plus d'obligation qu'il y avait à craindre que les Sciences ne souffrissent beaucoup par la perte de votre repos, et l'interruption forcée do vos travaux. Je suis bien impatient de voir l'Ouvrage que vous m'annoncez sur les orbites des planètes; je désirerais que vous eussiez traité en même temps des perturbations qui sont maintenant la partie la plus importante du Système du monde, et sur laquelle nous ne pouvons attendre que de vous de nouvelles lumières. Je vous prie d'agréer les assurances de ma
haute estime et de mon sincère attachement.
.T.-L. Lackanoe.