LAGRANGE A SON EXCELLENCE
Paris, I ") janvier i8oy ( ' ).
•l'ai reçu la lettre par laquelle Votre Excellence me fait l'honneur
(') Cette lettre, communiquée par feu M. Dubrunfaut, est bien probablement adressée au Ministre de rintéricur (Crélcl). — Le premier volume de la traduclion de l'tdiéiiiéc. qui est annotée par Delambrc, parut en 1816, in-4".
lie me demander mon opinion sur l'importance et l'utilité de la traduction de Y Almageste de Ptolémée, que M. Halma vient d'achever. M. Delambre, qui en a reçu une pareille, a eu la bonté de me communiquer sa réponse et je l'ai trouvée si bien motivée et si exacte dans tous les points, que j'ai jugé que je ne pouvais rien faire de mieux que de m'y conformer et de l'adopter en entier. Je prie donc Votre Excellence de vouloir bien regarder cette réponse de M. Delambre comme commune à nous deux, et de me permettre de joindre mes vœux aux siens pour qu'elle veuille bien honorer ce travail de M. Halma de sa protection, et procurer aux savants la jouissance d'une traduction qui est désirée depuis longtemps.
Je prie Votre Excellence d'agréer l'hommage de ma haute considéralion et de mon respect.
J.-L. Lagrange.
Les six lettres suivantes, communiquées à M. Charles Henry par diverses personnes dont nous donnons les noms en note, ont été publiées par lui, pour la première fois, en mars 1886, dans le Bullettino di Bibliogvafia e di Storia délie Scienze matematiclie e fisiche, du prince Boncompagni, t. XIX.
LAGRANGE A ?(')
San Marliiio dol Mollo.
MONSIEUIÎ,
On ne saurait être plus sensible que je suis à votre complaisan(^e ni plus pénétré de cette nouvelle marque de votre amitié. Ma reconnaissance est sans bornes, et durera autant que ma vie; je m'estimerais très heureux si je j)ouvais Irouver des occasions devons en donner des preuves réelles, et je vous demande comme grâce la plus llatteuse de m'en procurer. J'ai fait dresser la procuration que je vous envoie |)ar
(') Communicalion de M. le luofesseur ,losej)h Moliiiari.
lo mémo avorat (iiii avait fait la prcMnii'ro ; ello est soulemcnt moins ample, n'étant plus question (inc île pereevoir les intérêts de capitaux placés chez le .MaiMjuis deRoil. Cependant, comme la circonstance de la mort de mon frère pourrait donner lieu à (|uel([ues discussions, j'y ai fait insérer une clause relative à cet objet, atin que vous soyez autorisé à régler toutes choses soit avec mon frère, soit aussi avec mon père, s'il voulait faire valoir ses droits. Comme, jusqu'à présent, mes frères ont reçu en leur propre nom, et sans aucune quittance de moi, les intérêts qui me revenaient, je vous prie d'en donner de ma j)arl mu; décharge générale à mon frère, s'il en est besoin; ensuite, comme, pour la partie qui me revient des effets mobiliers de mon frère défunt, il s'offre de vous en passer une obligation, je vous prie de la recevoir, mais sans entrer dans aucune discussion judiciaire par rapport à la valeur de ces effets. 11 fait monter le tout à Goo*""', et j'y acquiesce de tout mon cœur. A l'égard des intérêts que vous toucherez en mon nom, je vous prie de me dire au juste à quoi ils doivent se monter, et je me réserve de vous marquer l'usage que je souhaite que vous en fassiez. J'en destine une partie à mon frère comme auparavant. Enfin la même procuration contient une révocation de toute procuration précédente, ce que j'ai cru nécessaire pour éviter tout embarras. Au reste, si vous avez besoin de pouvoirs plus amples, vous n'avez qu'à me le marquer. Je ne veux pas finir ce chapitre sans vous renouveler mes remerciements et vous dire combien je me tiens heureux de pouvoir remettre mes intérêts entre vos mains.