‹ Œuvres de Lamartine en sept volumesChapitre 3 sur 88 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

Il faut bien se garder de prendre ces récits pour des documents véridiques. Sainte-Beuve le remarquaïit déjà : « M. de Lamartine n'est pas l'homme des dates. » Sa mémoire a pu le trahir parfois; maïs il est certain qu'il n'a nul soucr de l'exactitude. Il est incurablement poète. Sans jamais mentir sciemment, sa sensibilité, son imagination et son goût tendent à modifier, à enjoliver ses souvenirs. « La vérité pour lui, c’est la lumière. » Et quand son goût, sa sensibilité, son imagination adornent ainsi le passé, Lamartine indulgent les laisse s'y complaire… Il n'est pas moins sincère pour cela.

« Règle quasi universelle des récits autobiographiques de Lamartine, pose Jean DES CoGNETS' : Le sens général est exact, les faits principaux sont hors de discussion, les personnages sont bien peints. Tout est vraisemblable et presque tout est inexact. Il y a dans tout cela une sorte de vérité générale, mais la plupart des détails précis, admirablement choisis avec un art négligent pour donner plus d'authenticité au récit, sont faux ou déformés. »

Nous avons fait de notre mieux, au bas des pages qui suivent, pour rectifier les erreurs, les distractions ou les fantaisies de l'écrivain, en utilisant à cette fin la correspondance du poète et les témoignages de ses contemporains.

Mais il est impossible, et d'ailleurs nullement souhaitable, de troubler l'atmosphère créée bar le poète. Il a décrit les choses, non point telles qu'elles furent, mais telles qu'elles étaient devenues pour lui au moment où son imaginathon les revivait. Les souvenirs ensoleillés — à l'exception des premières Confidences — Lamartine les évoque dans cet humide rez-de-chaussée de la vue de la Ville-l'Évêque où, déchu du pouvoir, en butte à l'ingratitude, harcelf par les créanciers, l'auteur des Girondins, l'inspirateur de 48 peine et besogne à se survivre en acquittant ses dettes.

Il convient au lecteur de ne pas l'oublier.

(rs

Page 1