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La République, vous le voyez, a traversé du premier pas l’ère des proscriptions et des dictatures. Elle est décidée à ne jamais voiler la liberté au dedans. Elle est décidée également à ne jamais voiler son principe démocratique au dehors. Elle ne laissera mettre la main de personne entre le rayonnement pacifique de sa liberté et le regard des peuples. Elle se proclame l’alliée intellectuelle et cordiale de tous les droits, de tous les progrès, de tous les développements légitimes d'institutions des nations qui veulent vivre du même principe que le sien. Elle ne fera point de propagande sourde ou incendiaire chez ses voisins. Elle sait qu'il n’y a de libertés durables que celles qui naissent d'’ellesmêmes sur leur propre sol. Mais elle exercera, par la lueur de ses idées, par le spectacle d’ordre et de paix qu’elle espère donner au monde, le seul et honnête prosélytisme, le prosélytisme de l’estime et de la sympathie. Ce n’est point là la guerre, c’est la nature. Ce n’est point là l’agitation de l’Europe, c’est la vie. Ce n’est point là incendier le monde, c’est briller de sa place sur l'horizon des peuples pour les devancer et les guider à la fois.
Nous désirons, pour l’humanité, que la paix soit conservée. Nous l’espérons même. Une seule question de guerre avait été posée, il y a un an, entre la France et l'Angleterre, Cette question de guerre, ce n’était pas la France républicaine qui l’avait posée, c'était la dynastie. La dynastie emporte avec elle ce danger de guerre qu’elle avait suscité pour l’Europe par l'ambition toute personnelle de ses alliances de famille en Espagne!. Aïnsi cette politique domestique de la dynastie déchue, qui pesait depuis dix-sept ans sur notre dignité nationale, pesait en même temps, par ses prétentions à une couronne de plus à Madrid, sur nos alliances libérales et sur la paix. La République n’a point d’ambition ; la République n’a point de népotisme. Elle n’hérite pas des prétentions d’une famille. Que l'Espagne se régisse ellemême ; que l'Espagne soit indépendante et libre. La France, pour la solidité de cette alliance naturelle, compte plus sur la conformité de principes que sur les successions de la maison de Bourbon !
Tel est, Monsieur, l’esprit des conseils de la République ; tel sera invariablement le caractère de la politique franche, forte et modérée que vous aurez à représenter.
La République a prononcé en naissant, et au milieu de la chaleur d’une lutte non provoquée par le peuple, trois mots qui ont révélé son âme et qui appelleront sur son berceau les bénédic-