‹ Œuvres de Lamartine en sept volumesChapitre 58 sur 88 · Voir la note 1, page · texte numérisé non relu

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tions de Dieu et des hommes : Liberté, égalité, fraternitét. Elle a donné, le lendemain, par l'abolition de la peine de mort en matière politique ?, le véritable commentaire de ces trois mots au dedans ; donnez-leur aussi leur véritable commentaire au dehors. Le sens de ces trois mots appliqués à nos relations extérieures est celui-ci : affranchissement de la France des chaînes qui pesaient sur son principe et sur sa dignité ; récupération du rang qu'elle doit occuper au niveau des grandes puissances européennes ; enfin, déclaration d'alliance ét d'amitié à tous les peuples. Si la France a la conscience de sa part de mission libérale et civilisatrice dans le siècle, il n’y a pas un de ces mots qui signifie guerre. Si l'Europe est prudente et juste, il n’y à pas un de ces mots qui ne signifie paix 3, LAMARTINE.

« L'impression produite par le Manifeste fut immense. L'Europe... fut rassurée sur une invasion ; mais elle comprit en même temps qu’il lui faudrait compter avec le Gouvernement républicain de la France, un Gouvernement fort et fier deson principe, au lieu d’avoir affaire à une royauté bâtarde, prête à toutes les concessions, à toutes les complaisances, » (L. DE RONCHAUD, la Politique de Lamartine, p. LXIX.)

1. Cette devise avait reparu, à partir du 26 février, en tête de tous les actes du nouveau Gouvernement.

2. Le Gouvernement provisoire, par décret du 26 février 1848, avait déclaré que, « dans sa pensée, la peine de mort était abolie en matière politique, et qu’il présenterait ce vœu à la ratification définitive de l’Assemblée nationale ».

3. Lamartine a lui-même commenté l'inspiration et la portée de ce document capital :

« Ai-je eu tort d’être républicain conservateur ?.. Si j'avais été autre chose, il n’y avait rien de si rationnel et de si aisé que de laisser le feu de la France prendre, par le seul courant du vent qui soufflait, à l'univers. Les républicains auraient été, aux yeux de l’avenir, les incendiaires du vieux monde.

«.… Ce n'était pas ce que je voulais pour la République nouvelle, Je voulais qu'elle montrât à l’Europe qu’il y avait compatibilité complète entre la France libre et les puissances géographiques voisines, respectées dans leurs frontières comme dans leur indépendance. “

« L'inviolabilité mutuelle est la base de paix sur laquelle repose le monde. Violer cétte base, ce n'était pas seulement une iniquité, c'était la guerre, c'était le meurtre en masse, C'était le sang humain jeté au hasard et à pleine main sur la terre d'Europe !.…

« .… Qu'on me méprise, mais qu’on m'absolve ! J'écartai la guerre offensive de la République comme un crime envers l'humanité et envers Dieu, je n’acceptai dans mes pensées, pour la République, que la guerre défensive et patriotique. C’est ce scrupule de conscience seul qui me fit faire le Manifeste de l'Europe !

« Scrupule, dira-t-on ! Je ne le nie pas, mais quelquefois un scrupule de conscience est la plus habile politique. Souvenez-vous de ce qui se passa. Les ligues des cours furent désarmées de tout droit d'agression contre la République ; les peuples, respectés et rassurés sur leurs territoires, passèrent du côté de nos principes, et la diplomatie française fut l'arbitre du monde en six semaines de temps, sans avoir violenté une nation, ni brûlé une amorce. (Cours familier de Littérature, Entretien VII! 1856), $$ xv1 et XVIII.)

Réponse au ministre des États-Unis (26 avril 1848).

Les États-Unis furent la première puissance à reconnaître officiellement le nouveau Gouvernement français.

Au ministre américain chargé de cette démarche (26 avril 1848), Lamartine répondit dans les termes suivants :

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