PREMIÈRE PARTIE, LIVRE CINQUIÈME
soleil et de la lune sur la mer si elle venait à former une masse solide avec la terre.
Nous avons fait voir (n** 8) que le moyen mouvement de rotation de la terre est uniforme, dans la supposition où cette planète est entièrement solide, et Ton vient de voir que la fluidité de la mer et de l'atmosphère ne doit point altérer ce résultat. Les mouvements que la chaleur du soleil excite dans l'atmosphère, et d'où naissent les vents alises, semblent devoir diminuer la rotation de la terre : ces vents soufflent entre les tropiques , d'occident en orient, et leur action continuelle sur la mer, sur les continents et les montagnes qu'ils rencontrent, parait devoir affaiblir insensiblement ce mouvement de rotation. Mais le principe de la conservation des aires nous montre que l'efiet total de Tatmosphère sur ce mouvement doit être insensible; car la chaleur solaire dilatant également l'air dans tous les sens, elle ne doit point altérer la somme des aires décrites par les rayons vecteurs de chaque molécule de la terre et de l'atmosphère, et multipliées respectivement par leurs molécules correspondantes; ce qui exige que le mouvement de rotation ne soit point diminué. Nous sommes donc assurés qu'en même temps que les vents alises diminuent ce mouvement, les autres mouvements de l'atmosphère qui ont lieu au delà des tropiques l'accélèrent de la même quantité. On peut appliquer le même raisonnement aux tremblements de terre, et, en général, à tout ce qui peut agiter la terre dans son intérieur et à sa surface. Le déplacement de ses parties peut seul altérer ce mouvement; si, par exemple, un corps placé au pôle était transporté à féquateur, la somme des aires devant toujours rester la même, le mouvement de rotation de la terre en serait un peu diminué; mais, pour que cela fût sensible, il faudrait supposer de grands changements dans la constitution de la terre.