PREMIÈRE PARTIE, LIVRE PREMIER
Ton nomme (juantité de mouvement le produit de la masse par la vitesse; c'est aussi ce que Ton entend par la force d'un corps en mouvement. Pour l'équilibre de deux corps ou de deux systèmes de points qui viennent à se choquer en sens contraire, les quantités de mouvement, ou les forces opposées, doivent être égales, et par conséquent les vitesses doivent être réciproques aux masses.
La densité des corps dépend du nombre des points matériels qu'ils renferment sous un volume donné. Pour avoir leur densité absolue, il faudrait pouvoir comparer leurs masses à celle d'une substance qui n'aurait point de pores ; mais on n'en connaît point de semblables; on ne peut donc avoir que la densité relative des corps, c'est-à-dire le rapport de leur densité à celle d'une substance donnée. Il est visible que la masse est en raison du volume et de la densité; en nommant donc M, la masse d'un corps, U son volume et D sa densité, on a généralement M=DU; équation dans laquelle on doit observer que les quantités M, D et U expriment des rapports à des unités de leur espèce.
Ce que nous venons de dire suppose que les corps sont composés de points matériels semblables, et qu'ils ne diffèrent que par la position respective de ces points. Mais la nature des corps étant inconnue, cette hypothèse est au moins précaire, et il est possible qu'il y ait des différences essentielles entre leurs molécules intégrantes. Heureusement la vérité de cette hypothèse est indifférente à la mécanique, et l'on peut, sans craindre aucune erreur, en faire usage, pourvu que par points matériels semblables on entende des points qui, se choquant avec des vitesses égales et contraires , se font mutuellement équilibre , quelle que soit leur nature.
1 4. Deux points matériels dont les masses sont m et m' ne peuvent agir l'un sur l'autre que suivant la droite qui les joint. A la vérité, si les deux points sont liés par un fil qui passe sur une