‹ Œuvres de Laplace (volume 4)Chapitre 128 sur 303 · LIVRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIÈME

évidence la vaFiatîon diurne du baromètre dans les résultats de ces observations; un mois suffit pour la manifester. L'excès de la pins grande hauteur du baromètre observée, (jui répond à neuf heures du matin, sur la plus petite, qui répond à trois heures du soir, est, à Paris, de huit dixièmes de millimètre, par le résultat moyen des observations faites chaque jour, pendant six années consécutives.

La hauteur du baromètre due au flux solaire redevenant, chaque jour, la même à la même heure, ce flux se confond avec la variation diurne qu*il modifie, et il n'en peut être distingué par les observations faites à l'Observatoire royal. Il n'en est pas ainsi des hauteurs barométriques dues au flux lunaire, et qui, se rêvant sur les heures lunaires, ne redeviennent les mêmes, aux mêmes heures solaires, qu'après un demi*mois d'intervalle. Les observations dont je viens de parler, comparées de demi-mois en demi^^mois, sont disposées de la manière la plus favorable pour indiquer le flux lunaire. Si, par exemple, le maximum de ce flux arrive à neuf heures du matin, le jour de la syzygie, son minimum arrivera vers trois heures du soir; le contraire aura lieu le jour de la quadrature. Ce flux augmentera donc ia variation diurne du premier de ces jours, il diminuera la variation diunie du second, et la différence de ces variations sera double de la grandeur du flux lunaire atmosphérique. Mais le maximum de ce flux n'arrivant pas à neuf heures du matin, dans la syzygie, il faut, pour déterminer sa grandeur et l'heure de son arrivée, employer les observations barométriques de neuf heures du matin, de midi et de trois heures du soir, faites chaque jour, soit de la syzygie, soit de la quadrature. On peut également foire usage d ^arvations

des jofors cpii précèdent ou qui suivent ces fk même

nombre de jours, et faire concourir à la détermkitf iMi

aussi délicats toutes les observatioc»

On ddrt faire ici une remarque^

serait impossible de reconnaître une aussi petite quantité que le flux lunaire, au milieu des grandes variations du baromètre. Plus les observations sont rapprochées, moins TelTet de ces variations est sensible : il est presque nul sur un résultat conclu d'observations faites le même jour et dans le court intervalle de six heures : le baromètre varie presque toujours avec assez de lenteur pour ne pas troubler alors sensiblement Teflet des causes régulières. Voilà pourquoi le résultat moyen des variations diurnes de chaque année est toujours le même à fort peu près, quoiqu'il y ait des différences de plusieurs millimètres dans les hauteurs moyennes absolues barométriques des diverses années; en sorte que si Ton comparait la hauteur moyenne de neuf heures du matin, d'une année, à la hauteur moyenne de trois heures du soir, d'une autre année, on aurait une variation diurne, souvent très-fautive, quelquefois même d'un signe contraire à la véritable. Il importe donc pour déterminer de très-petites quantités , de les déduire d'observations faites le même jour, et de prendre une moyenne entre un grand nombre de valeurs ainsi obtenues. On ne peut, conséquemment, déterminer le flux lunaire que par un système d'observations faites, chaque jour, au moins à trois heures difi'érentes, conformément au système suivi à l'Observatoire.

M. Bouvard a bien voulu relever sur ses registres les observations barométriques du jour même de chaque syzygie et de chaque quadrature, du jour qui précède ces phases, et des premier et second jours qui les suivent. Elles embrassent les huit années écoulées depuis le i" octobre 181 5 jusqu'au 1*' octobre 182 3. J'ai employé les observations de neuf heures du matin, de midi et de trois heures du soir : je n'ai point considéré les observations de neuf heures du soir, pour diminuer le plus qu'il est possible l'intervalle des observations. D'ailleurs celles des trois premières heures ont été faites plus exactement aux heures indiquées que celles de neuf heures du soir; et le baromètre étant éclairé par

Page 1