LIVRE TREIZIEME
la lumière du jour, dans ces premières heures, la différence qui peut venir de la manière diverse dont les instruments sont éclairés disparait. En comparant à mes formules les résultats de ces nombreuses observations, qui correspondent à i584 jours, je trouve un dix-huitième de millimètre pour la grandeur du flux lunaire atmosphérique, et trois heures et un tiers sexagésimales pour fheure de son maximum du soir, le jour de la syzygie.
C'est ici surtout que se fait sentir la nécessité d'employer un très-grand nombre d'obsei^vations, de les combiner de la manière la plus avantageuse, et d'avoir une méthode pour déterminer la probabilité que l'erreur des résultats obtenus est renfermée dans d'étroites limites, méthode sans laquelle on est exposé à présenter comme lois de la nature les effets des causes irrégulières; ce qui est arrivé souvent en météorologie. J'ai donné cette méthode dans ma théorie analytique des probabilités. En l'appliquant aux observations, j'ai déterminé la loi des anomalies de la variation diurne du baromètre, et j'ai reconnu que l'on ne peut pas, sans quelque invraisemblance, attribuer les résultats précédents à ces anomalies seules : il est probable que le flux lunaire atmosphérique diminue la variation diurne dans les syzygies, qu'il l'augmente dans les quadratures, mais dans des limites telles que ce flux ne fait pas varier la hauteur du baromètre d'un dix-huitième de millimètre en plus ou en moins; ce qui montre combien peu l'action de la lune sur l'atmosphère est sensible à Paris. Quoique ces résultats aient été conclus de 4702 observations, la méthode dont je viens de parier fait voir que pour leur donner une probabilité suffisante, et pour obtenir avec exactitude un élément aussi petit ^pe le flux lunaire atmosphérique, il faut employer au moins cjuarante mille observations. L'un des principaux avantages de ^sette méthode est de faire connaître jusqu'à quel point on doit naidtiplier les observations, pour qu'il ne reste aucun doute raisonnable sur leurs résultats.
TOHB T.
Quelle est sur le flux lunaire Tinfluence respective des trois causes du flux atmosphérique que j'ai citées? Il est diflicile de répondre à cette question. Cependant le peu de densité de la mer, par rapport à la moyenne densité de la terre , ne permet pas d'attribuer un effet sensible au changement périodique de sa figure. Sans les circonstances accessoires, l'effet direct de l'action de la lune serait insensible sous nos latitudes. Ces circonstances ont, il est vrai, une grande influence sur la hauteur des marées dans nos ports; mais le fluide atmosphérique étant répandu autour de la terre beaucoup moins irrégulièrement que la mer, leur influence sur le flux atmosphérique doit être beaucoup moindre que sur le flux de l'Océan. Ces considérations me portent à regarder comme cause principale du flux lunaire atmosphérique, dans nos climats, l'élévation et l'abaissement périodiques de la mer. Des observations barométriques faites chaque jour, dans les ports où 1» marée s'élève à une grande hauteur, éclairciraient ce point curieux de météorologie.
M. Bouvard a trouvé que la variation diurne moyenne du baromètre, de neuf heures du matin à trois heures du soir, a été positive pour chacun des soixante et douze mois des six années écoulées depuis le i^' janvier 1817 jusqu'au i*' janvier 182 3, d'où il a conclu la variation diurne moyenne égale à o°'",8oi4. La loi des probabilités des anomalies de la variation diurne à laquelle je suis parvenu donne à très-peu près y pour la probabilité de ce résultat.
En examinant le tableau des hauteurs moyennes du baromètre pour chacun des soixante et douze mois considérés par M. Bouvard, j'ai reconnu que le résultat moyen des variations diurnes, de neuf heures du matin à trois heures du soir, des trois mois de novembre, décembre et janvier, a été constamment plus faible, chaque année, que le résultat moyen des trois mois suivants, février, mars et avril. La variation moyenne des six années a été