LIVRE DOUZIÈME
produit du carré du nombre de ses molécules contenues dans un espace donné, pris pour unité, par exemple, d'un litre, par le carré du calorique renfermé dans une quelconque de ces molécules, et par un facteur constant. Ce résultat étant indépendant du rayon de la sphère, il est facile d'en conclure qu'il a lieu , quelle que soit la figure de l'enveloppe qui contient le gaz.
J'imagine ensuite l'espace pris pour unité, à une température donnée, et contenant un gaz à la même température. Il est clair qu'une molécule quelconque de ce gaz sera atteinte à chaque instant par les rayons caloriques émanés des corps environnants. Elle éteindra une partie de ces rayons, mais il faudra, pour le maintien de la température, qu'elle remplace ces rayons éteints par son rayonnement propre. La molécule, dans tout autre espace à la même température, sera atteinte à chaque instant par la même quantité de rayons caloriques : elle en éteindra la même partie qu'elle remplacera par son rayonnement. Cette quantité est donc une fonction de la température indépendante de la nature des corps environnants, et l'extinction sera le produit de cette fonction par une constante dépendante de la nature de la molécule ou du gaz. J'observerai ici que la quantité de rayons caloriques émanés des corps environnants et qui forme la chaleur de l'espace est, à cause de l'extrême vitesse que l'on doit supposer à ces rayons, une partie insensible de la chaleur contenue dans les corps, comme on l'a reconnu d'ailleurs parles expériences faites pour condenser cette chaleur. Maintenant j'observe que chaque molécule du gaz étant supposée retenir par l'attraction son calorique, le rayonnement de ce calorique ne peut être dû qu'à la répulsion du calorique des molécules qui l'environnent. Quelle que soit la manière dont cette répulsion détache des parcelles du calorique de la molécule et la fait rayonner, il est visible que ce rayonnement sera en raison composée du calorique con-
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tenu dans les molécules environnantes et du calorique propre à la molécule. D'ailleurs cette raison composée est, comme on le verra dans la suite, proportionnelle à la pression qu'éprouve ce dernier calorique, pression à laquelle il est naturel de supposer le rayonnement de la molécule proportionnel \ Le calorique contenu dans les molécules environnantes est proportionnel au produit du calorique de chacune d'elles par leur nombre. Ainsi le rayonnement d'une molécule du gaz est proportionnel au produit du nombre des molécules de ce gaz contenues dans l'espace pris pour unité, par le carré de son calorique. En égalant ce rayonnement à l'extinction qui, comme on vient de le voir, est le produit d'une constante, par la fonction de température dont j'ai parlé, on voit que le nombre des molécules du gaz multiplié par le carré du calorique d'une quelconque de ces molécules, est proportionnel à cette fonction. Maintenant si, dans l'expression donnée ci-dessus de la pression du gaz, on substitue au produit du nombre des molécules par le carré du calorique propre à chaque molécule, la fonction de la température multipliée par un facteur constant, on aura cette pression proportionnelle au produit de cette fonction par le nombre des molécules de gaz renfermées dans l'espace pris pour unité.
Cette proportionnalité donne les deux lois générales des gaz. On voit d'abord que la température restant la même, la pression est proportionnelle au nombre des molécules du gaz, et par conséquent à sa densité; ce qui est la loi de Mariote. On voit ensuite que, la pression restant la même, ce nombre est réci-
* Dans un état d^immobilité parfaite des molécules du gaz supposées sphériqueft, les molécules de leur calorique seraient pareillement immobiles. Mais cet état, mathématiquement possible, me paraît aussi impossible, physiquement, que Téquilibre d'une aiguille verticale appuyée sur sa pointe : dans un fluide aussi mobile qu'un gaz, la plus légère agitation doit troubler Téquilibrc des molécules et de leur calorique. Alors des parcellos du calorique de chaque molécule ne doivent-elles pas s'en détacher à chaque instant ? Lo figure des molécules peut encore avoir sur leur rayonnement une grande influence.