‹ Œuvres de Laplace (volume 4)Chapitre 70 sur 303 · LIVRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIEME

proque à la fonction de température dont il s agit, fonction qui, comme on Ta vu, est indépendante de la nature du gaz; d'où il résulte la belle loi que MM. Dalton et Gay-Lussac nous ont fait connaître, et suivant laquelle, sous la même pression, le même volume des divers gaz se dilate également par un accroissement égal de température.

On peut se demander ici ce que Ion doit entendre par le mot température. Si l'on imagine un espace vide dont l'enveloppe soit partout et constamment à la même température, tous les points de la surface intérieure de cette enveloppe se renverront réciproquement des rayons caloriques qui rempliront l'espace vide d'un fluide calorique très-rare et mû suivant toutes les directions. On prouve facilement que la densité de ce calorique est la même dans tous les points de l'espace. Cette densité croît avec la température de l'enveloppe, elle est la fonction de température dont nous venons de parier. Il est naturel de la prendre pour la température elle-même, dont on aura ainsi une idée claire et simple. Sous une pression constante, la densité d'un gaz étant, comme on l'a vu, réciproque à cette fonction de la température, son volume est proportionnel à cette fonction , et par conséquent à la densité du calorique de l'espace; la température est alors représentée par ce volume, et ses variations sont représentées par les variations du volume d'un gaz soumis à une pression constante. Le thermomètre à air devient ainsi le vrai thermomètre qui doit servir de module aux autres, du moins dans les limites de pression et de densité, où ce fluide obéit très -sensiblement aux lois générales des fluides élastiques.

Un corps en équilibre de température dans un espace, et transporté dans un autre espace où la densité du calorique est la même, y conservera la même température. Si le nouvel espace a une densité difiîérente de calorique, la température du corps changera jusqu'à ce que le calorique qu'il rayonne soit égal au

calorique qu îl absorbe. En général, la température d'un corps est la densité du calorique de Tespace où cette égalité a lieu.

Suivant les expériences de M. Gay-Lussac, si Ton prend pour unité le volume d'un gaz à zéro de température ou à la température de la glace fondante, ce volume devient i^SyS à la température de 100**, ou à la température de l'eau bouillante sous la pression barométrique o",76. La densité du calorique de Tespace,

à zéro de température, est donc représentée par — 5—^ ou par

Chaque molécule d'un corps est soumise à Taction de ces trois forces : 1** l'attraction des molécules environnantes; 2® l'attraction du calorique des mêmes molécules, plus leur attraction sur son calorique; 3° la répulsion de son calorique par le calorique de ces molécules. Les deux premières forces tendent à rapprocher les molécules entre elles, la troisième tend à les écarter. Les trois états, solide, liquide et gazeax, dépendent de l'efficacité respective de ces forces. Dans l'état solide, la première force est la plus grande : l'influence de la figure des molécules est très-considérable, et elles sont unies dans le sens de leur plus grande attraction. L'accroissement du calorique diminue cette influence en dilatant les corps; et lorsque cet accroissement devient tel que cette influence soit très-petite ou nulle, la seconde force prédomine et le corps prend l'état liquide. Les molécules intérieures sont alors mobiles entre elles; mais l'attraction de chaque molécule par les molécules qui l'environnent et par leur calorique retient leur ensemble dans le même espace, à l'exception des molécules de la surface, que le calorique enlève sous la forme de vapeurs, jusqu'à ce que la pression de ces vapeurs arrête cet effet. Enfin quand, par un nouvel accroissement du calorique, la troisième force l'emporte sur les deux autres, toutes les molécules du liquide, à l'intérieur comme à la surface, s'écartent entre elles;

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