DES PERTURBATIONS DES SATELLITES DE JUPITER
De tous les satellites, les plus intéressants après celui de la terre sont les satellites de Jupiter. Les observations de ces astres, les premiers que le télescope a fait découvrir dans les cieux , ne remontent pas à deux siècles : on ne doit même compter qu un siècle et demi d'observations de leurs éclipses. Mais dans ce court intervalle, ils nous ont oflert, par la promptitude de leurs révolutions, tous les grands changements que le temps ne développe qu'avec une extrême lenteur dans le système planétaire, dont celui des satellites est l'image. Les inégalités produites par leur attraction mutuelle sont peu différentes de celles des planètes et de la lune : cependant les rapports qu'ont entre eux les moyens mouvements des trois premiers satellites donnent à quelques-unes de ces inégalités des valeurs considérables, qui ont une grande influence sur toute leur théorie. On a vu dans le second livre que ces mouvements sont à peu près en progression sous-double, et qu'ils sont assujettis à des inégalités très-sensibles dont les périodes, difliérentes entre elles, se transforment dans les éclipses en une seule de 437^,659. Ces inégalités se présentent les premières dans la théorie des satellites, comme elles se sont les premières oflFertes aux observateurs. Non-seulement la théorie détermine ces inégalités, elle nous montre de plus ce que les observations indiquaient avec beaucoup de vraisemblance, savoir, que l'inégalité du second satellite est le résultat de deux inégalités dont l'une, ayant pour cause l'action du premier satellite, varie comme le sinus de l'excès de la longitude du premier satellite sur celle du second, et dont