LIVRE QUATRIÈME
les observations avec Texactitude des observations mêmes, ofil'rent au navigateur un moyen sûr et facile pour avoir sur-le-champ, par les éclipses des satellites et surtout par celles du premier, la longitude des lieux où il atterrit. Voici les principaux éléments de la théorie de chaque satellite , qui résultent de la comparaison que Delambre a faite de mes formules avec les observations.
L*orbe du premier satellite se meut uniformément avec une inclinaison constante sur un plan fixe qui passe constamment entre Téquateur et Forbite de Jupiter par l'intersection mutuelle de ces deux derniers plans, dont Tinclinaison respective est, suivant les observations, égale à 3%4352. L'inclinaison de ce plan fixe à Téquateur de Jupiter n'est que de 20" par la théorie; elle est par conséquent insensible. L'inclinaison de l'orbe du satellite sur ce plan est pareillement insensible par les observations; ainsi l'on peut supposer le premier satellite en mouvement sur l'équateur même de Jupiter. On n'a point reconnu d'excentricité propre à son orbe, qui seulement participe un peu des excentricités des orbes du troisième et du quatrième satellite; car, en vertu de faction mutuelle de tous ces corps , fexcentricité propre a chaque orbe se répand sur les autres, mais plus faiblement à mesure qu'ils en sont plus éloignés. La seule inégalité sensible de ce satellite est celle qui a pour argument le double de l'excès de la longitude moyenne du premier satellite sur celle du second, et qui produit dans le retour de ses éclipses l'inégalité de 437^,659 : elle est une des données dont j'ai fait usage pour avoir les masses des satellites, et comme elle n'est due qu'à l'action du second, elle détermine la valeur de sa masse avec beaucoup d'exactitude.
Les éclipses du premier satellite de Jupiter ont fait découvrir le mouvement successif de la lumière, qu'ensuite le phénomène de Faberration a mieux fait connaître. Il m'a paru que la théorie de ce satellite étant aujourd'hui perfectionnée, et les observations de ces éclipses étant devenues très-nombreuses, leur discussion
devait déterminer la quantité de Taberration, avec plus de précision encore que l'observation directe. Delambre a bien voulu entreprendre cette discussion, à ma prière : il a trouvé 6 a ',5 pour l'aberration entière, valeur exactement la même que Bradley avait conclue de ses observations. Il est satisfaisant de voir un accord aussi parfait entre des résultats tirés de méthodes aussi différentes. II suit de cet accord, que la vitesse de la lumière est uniforme dans tout l'espace compris par l'orbe terrestre. En effet, la vitesse de la lumière, donnée par l'aberration, est celle qui a lieu sur la circonférence de l'orbe terrestre» et qui, se combinant avec le mouvement de la terre, produit ce phénomène. La vitesse de la lumière , conclue des éclipses des satellites de Jupiter, est déterminée par le temps que la lumière emploie à traverser l'orbe terrestre; ainsi, ces deux vitesses étant les mêmes, la vitesse de la lumière est uniforme dans toute la longueur du diamètre de l'orbe de la terre. Il résulte même de ces éclipses, que cette vitesse est uniforme dans l'espace compris par l'orbe de Jupiter; car, à raison de l'excentricité de cet orbe, l'effet de la variation de ses rayons vecteurs est très-sensible sur les éclipses des satellites, et la discussion de ses éclipses a prouvé que cet effet correspond exactement à l'uniformité du mouvement de la lumière.
Si la lumière est une émanation des corps lumineux, l'égalité de la vitesse de leurs rayons exige qu'ils soient lancés par chacun d'eux avec une force qui soit la même, et que leurs mouvements ne soient point sensiblement retardés par les attractions qu'ils éprouvent de la part des corps étrangers. Si l'on fait consister la lumière dans les vibrations d'un fluide élastique, l'uniformité de sa vitesse exige que la densité de ce fluide dans toute l'étendue du système planétaire, soit proportionnelle à son ressort. Mais Textréme simplicité avec laquelle l'aberration des astres et les phénomènes de la réfraction delà lumière, en passant d'un milieu à l'autre, s'expliquent, en considérant la lumière comme une éma-