LIVRE PREMIER
circonférence d'un cercle du globe lunaire, perpendiculaire à son rayon vecteur : c est sur le plan de ce cercle que se projette l'hémisphère de la lune, dirigé vers la terre, et dont les apparences sont liées au mouvement de rotation de cet astre. Si la lune était sans mouvement de rotation, son rayon vecteur tracerait à chaque révolution lunaire la circonférence d'un grand cercle sur sa surface, dont toutes les parties se présenteraient successivement à nous. Mais en même temps que le rayon vecteur tend à décrire cette circonférence, le globe lunaire, en tournant, ramène toujours, à fort peu près, le même point de sa surface sur ce rayon, et par conséquent le même hémisphère vers la terre. Les inégalités du mouvement de la lune produisent de légères variétés dans ses apparences; car son mouvement de rotation ne participant point d'une manière sensible à ces inégalités, il est variable relativement à son rayon vecteur, qui va rencontrer ainsi sa surface dans différents points; le globe lunaire fait donc, par rapport à ce rayon, des oscillations correspondantes aux inégalités de son mouvement, et qui nous dérobent et nous découvrent alternativement quelques parties de sa surface.
Mais le globe lunaire a une autre libration perpendiculaire à celle-ci, et par laquelle les régions situées vers les pôles de rotation de ce globe disparaissent et reparaissent alternativement. Pour concevoir ce phénomène, supposons l'axe de rotation perpendiculaire à l'écliptique : lorsque la lune sera dans son nœud ascendant, ses deux pôles seront aux bords austral et boréal de l'hémisphère visible ; à mesure quelle s'élèvera sur l'écliptique, le pôle boréal et les régions qui en sont très-voisines disparaîtront, tandis que les régions voisines du pôle austral se découvriront de plus en plus jusqu'au moment où l'astre, parvenu à sa plus grande latitude boréale, commencera à revenir vers l'écliptique. Les phénomènes précédents se reproduiront alors dans un ordre inverse; et lorsque la lune, parvenue à son nœud descendant, s'abaissera
sous l'éciiptique, le pôle boréal présentera les phénomènes que le pôle austral avait ofierts.
L'axe de rotation de la lune n'est pas exactement perj^endiculaire à l'écliptique , et son inclinaison produit des apparences que l'on peut concevoir en supposant la lune mue sur le plan même de l'écliptique, de manière que son axe de rotation reste toujours parallèle à lui-même. Il est clair qu'alors chaque pôle sera visible pendant une moitié de la révolution de la lune autour de la terre, et invisible pendant l'autre moitié, en sorte que les régions qui en sont très-voisines seront alternativement découvertes et cachées.
Enfin, robser\ateur n'est point au centre de la terre, mais à sa surface : c'est le rayon visuel mené de son œil au centre de la lune qui détermine le milieu de son hémisplière apparent ; et il est clair qu'à raison de la parallaxe lunaire, ce rayon coupe la surface de la lune dans des points sensiblement différents, suivant la hauteur de cet astre sur f horizon.
Toutes ces causes ne j^roduisent qu'une libration apparente dans le globe lunaire; elles sont purement optiques, et n'affectent j3oint son mouvement réel de rotation. Ce mouvement peut cependant être assujetti à de petites inégalités ; mais elles sont trèspeu sensibles.
Il n'en est pas de même des variations du plan de f équateur lunaire. L'obsenation assidue des taches de la lune fit reconnaître à Dominique Cassini que Taxe de cet équateur n'est point perpendiculaire à fécliptique, comme on favait supposé jusqu'alors, et que ses positions successives ne sont point exactement parallèles. Ce grand astronome fut conduit au résultat suivant, f une de ses jdIus belles découvertes, et qui renferme toute la théorie astronomique de la libration réelle de la lune. Si par le centre de cet astre on conçoit un premier plan perpendiculaire à son axe de rotation, plan qui se confond avec celui de son équateur; si de