‹ Œuvres de Laplace (volume 5)Chapitre 201 sur 265 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

a rendu ces mouvements rigoureusement égaux; et de même qu un pendule, écarté par une très-petite force de la verticale, y revient sans cesse en faisant, de chaque côté, de petites oscillations; ainsi, le grand axe du sphéroïde lunaire doit osciller de chaque côté du rayon vecteur moyen de son orbite. De là résulte un mouvement de libration, dont l'étendue dépend de la différence primitive des deux mouvements angulaires de rotation et de révolution de la lune. Cette libration est très-petite, puisque les observations ne font point fait reconnaître.

On voit donc que la théorie de la pesanteur explique, d'une manière satisfaisante, l'égalité rigoureuse des deux moyens mouvements angulaires de rotation et de révolution de la lune. Il serait contre toute vraisemblance de supposer qu'à l'origine ces deux mouvements ont été parfaitement égaux; mais, pour l'explication de ce phénomène, il suHit que leur différence primitive ait été très-petite , et alors l'attraction de la terre a établi la parfaite égalité que l'on observe.

Le moyen mouvement de la lune étant assujetti à de grandes inégalités séculaires qui s'élèvent à plusieurs circonférences, il est clair que, si son moyen mouvement de rotation était parfaitement uniforme, ce satellite, en vertu de ces inégalités, découvrirait successivement à la terre tous les points de sa surface ; son disque apparent changerait, par des nuances insensibles, à mesure que ces inégalités se développeraient : les mêmes observateurs le verraient toujours à très-peu près le même, et il ne paraîtrait sensiblement différer qu'à des observateurs séparés par l'intervalle de plusieurs siècles. Mais la cause qui a établi une parfaite égalité entre les moyens mouvements de rotation et de révolution de la lune ôte pour jamais aux habitants de la terre l'espoir de découvrir les parties de sa surface opposée à l'hémisphère qu'elle nous présente. L'attraction terrestre, en ramenant sans cesse vers nous le grand axe de la lune, fait participer son mouvement de rotation

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