‹ Œuvres de Laplace (volume 5)Chapitre 208 sur 265 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

son périgée et du soleil, fait partie de la période précédente. Ainsi les éclipses observées dans une période fournissaient un moyen simple de prédire celles qui devaient avoir lieu dans les périodes suivantes. Cette période et la manière ingénieuse avec laquelle ils calculaient la principale inégalité lunaire ont exigé un grand nombre d'observations comparées entre elles avec adresse : c'est le monument astronomique le plus curieux avant la fondation de l'école d'Alexandrie. Voilà ce que l'on connaît avec certitude de Tastronomie d'un peuple que l'antiquité regarda comme le plus instruit dans la science des astres. Les opinions des Chaldéens sur le système du monde ont été très-variées, comme cela devait être à l'égard d'objets que l'observation et la théorie n'avaient point encore éclairés. Cependant, quelques-uns de leurs philosophes, plus heureux que les autres, ou guidés par des vues plus saines sur l'ordre et sur l'immensité de l'univers, ont pensé que les comètes étaient, ainsi que les planètes, assujetties à des mouvements réglés par des lois étemelles.

Nous avons très-peu de renseignements certains sur l'astronomie des Égyptiens. La direction exacte des faces de leurs pyramides vers les quatre points cardinaux donne une idée avantageuse de leur manière d'observer; mais aucune de leurs observations n'est parvenue jusqu'à nous. On doit être étonné que les astronomes d'Alexandrie aient été forcés de recourir aux observations chaldéennes, soit que la mémoire des observations égyptiennes ait dès lors été perdue, soit que les Égyptiens n'aient pas voulu les communiquer, par un sentiment de jalousie qu'a pu faire naître la faveur des souverains pour l'école qu'ils avaient fondée. Avant cette époque, la réputation de leurs prêtres avait attiré les premiers philosophes de la Grèce. Thaïes, Pythagore, Eudoxe et Platon allèrent puiser chez eux les connaissances dont ils enrichirent leur patrie; et il est vraisemblable que l'école de Pythagore leur fut redevable de quelques-unes des idées saines qu'elle professa, sur la constitu-

tion de Tunivers. Macrobe leur attribue expressément la pensée des mouvements de Mercure et de Vénus autour du soleil. Leur année civile était de trois cent soixante-cinq jours : elle était divisée en douze mois de trente jours, et ils ajoutaient à la fin cinq jours complémentaires ou épagomènes. Mais, suivant l'ingénieuse remarque de M. Fourrier, l'observation des levers héliaques de Syrius, la plus brillante des étoiles, leur avait appris que le retour de ces levers retardait alors chaque année d'un quart de jour; et ils avaient fondé sur cette remarque la période sothique de i46i ans, qui ramenait à peu près aux mêmes saisons leurs mois et leurs fêtes. Cette période s'est renouvelée dans l'an 189 de notre ère. Si elle a été précédée d'une période semblable, comme tout porte à le croire, l'origine de cette période antérieure remonterait à l'époque où l'on peut supposer avec vraisemblance que les Egyptiens ont donné des noms aux constellations du zodiaque, et où ils ont fondé leur astronomie. Us avaient observé que dans vingtcinq de leurs années il y avait trois cent neuf retours de la lune au soleil, ce qui donne une valeur fort approchée de la longueur du mois. Enfin on voit par ce qui nous reste de leurs zodiaques qu'ils observaient avec soin la position des solstices dans les constellations zodiacales. Suivant Dion Cassius, la semaine est due aux Egyptiens. Cette période est fondée sur le plus ancien système d'astronomie, qui plaçait le soleil, la lune et les planètes dans cet ordre de distances à la terre, en commençant par la plus grande, Saturne, Jupiter, Mars, le Soleil, Vénus, Mercure, la Lune. Les parties successives de la série des jours divisés chacun en vingtquatre parties , étaient consacrées dans le même ordre à ces astres. Chaque jour prenait son nom de l'astre correspondant à sa première partie. La semaine se retrouve dans l'Inde parmi les brames et avec nos dénominations, et je me suis assuré que les jours nommés par eux et par nous de la même manière répondent aux mêmes instants physiques. Cette période, qui était en usage chez

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