‹ Œuvres de Laplace (volume 5)Chapitre 215 sur 265 · TOME M · texte numérisé non relu

TOME M

vers beaucoup au delà de celles qu'on lui assignait alors. Dans ce traité, Aristarque suppose les diamètres apparents du soleil et de la lune égaux entre eux et à la 180"*^ partie de la circonférence, valeur beaucoup trop grande; mais il corrigea, dans la suite, cette erreur; car nous tenons d'Archimède qu'il faisait le diamètre du soleil égal à la 720°"^ partie du zodiaque; ce qui tient le milieu entre les limites qu'Archimède lui-même, peu d'années après, assigna, par un procédé très-ingénieux, à ce diamètre. Cette correction fut inconnue à Pappus, géomètre célèbre d'Alexandrie , qui vécut dans le iv^ siècle, et qui commenta le traité d' Aristarque. Gela peut faire soupçonner que l'incendie d'une partie considérable de la bibliotlièque d'Alexandrie, pendant le siège que César soutint dans cette ville, avait déjà fait disparaître la plupart des écrits d' Aristarque, ainsi qu'un grand nombre d'autres ouvrages également précieux.

Aristarque fit revivre l'opinion de l'école pythagoricienne sur le mouvement de la terre; mais nous ignorons jusqu'à quel point il avait avancé, par ce moyen, l'explication des phénomènes célestes. Nous savons seulement que ce judicieux astronome, considérant que le mouvement de la terre n'afiecte point d'une manière sensible la position apparente des étoiles, les avait éloignées de nous incomparablement plus que le soleil : il parait être ainsi , dans l'antiquité, celui qui eut les plus justes notions de la grandeur de l'univers. Elles nous ont été transmises par Archimède, dans son Traité de ÏArénaire. Ce grand géomètre avait découvert le moyen d'exprimer tous les nombres, en les concevant formés de périodes successives de myriades de myriades : les unités de la première étaient des unités simples ; celles de la seconde étaient des myryades de myriades, et ainsi de suite. Il désignait les parties de chaque période par les mêmes caractères que les Grecs employaient dans leur numération jusqu'à cent millions. Pour faire sentir l'avantage de sa méthode, Archimède se propose d'exprimer le nombre

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