LIVRE PREMIER
cher du soleil, et finit par se replonger le soir dans ses rayons. Après y être demeuré pendant quelque temps invisible, on le revoit le matin, sortant de ces rayons et s éloignant du soleil. Son mouvement est rétrograde, comme avant sa disparition; mais la planète, parvenue à vingt degrés de distance, est de nouveau stationnaire, et reprend un mouvement direct : elle continue de s*éloigner du soleil jusqu'à la distance de vingt-cinq degrés; ensuite elle s'en rapproche, se replonge le matin dans les rayons de l'aurore , et reparaît bientôt le soir pour reproduire les mêmes phénomènes.
L'étendue des plus grandes digressions de Mercure, ou de ses plus grands écarts de chaque côté du soleil, varie depuis dix-huit jusqu'à trente-deux degrés. La durée de ses oscillations entières ou de ses retours à la même position, relativement au soleil, varie pareillement depuis cent six jusqu'à cent trente jours. L'arc moyen de sa rétrogradation est d'environ quinze degrés, et sa durée moyenne est de vingt-trois jours ; mais il y a de grandes différences entre ces quantités dans les diverses rétrogradations. En général, le mouvement de Mercure est très-compliqué : il n'a pas lieu exactement sur le plan de l'écliplique; quelquefois la planète s'en écarte au delà de cinq degrés.
Il a fallu sans doute une longue suite d'observations pour reconnaître l'identité de deux astres que l'on voyait alternative* ment, le matin et le soir, s'éloigner et se rapprbdier alternativement du soleil; mais comme l'un ne se montrait jamais que l'autre n'eût disparu, on jugea enfin que c'était la même planète, qui oscillait de chaque côté du soleil.
Le diarmètre apparent de Mercure est variable, et ses changements ont des rapports évidents à sa position par rapfypcMrt au soleil et à' la direction de son mouvement. 11 est à son minimum quand' la plafnéte se fdonge le matin dans les rayons solaires, ou quand le soir elle s'en dégage : il est à son mwtmnm quand dite se pldtig«
le soir dans ces rayons, ou quand elle s'en dégage le matin. Sa grandeur moyenne est de 2 1\3.
Quelquefois, dans rintervalle de sa disparition le soir, à sa réapparition le matin, on voit la planète se projeter sur le disque du soleil, sous la forme d'une laclio noire qui décrit une corde de ce disque. On la reconnaît à sa position , ou à son diamètre apparent, et à son mouvement rétrograde, conformes à ceux quelle doit avoir. Ces passages de Mercure sont de véritables éclipses annulaires du soleil, qui nous prouvent que cette planète en emprunte sa lumière. Vue dans de fortes lunettes, elle présente des phases analogues aux phases de la lune, dirigées comme elles vers le soleil, et dont l'étendue variable suivant la position de la planète par rapport au soleil , et suivant la direction de son mouvement, répand une grande lumière sur la nature de son orbite.
La planète Vénus olfre les mêmes pliénomènes que Mercure, avec cette différence que ses phases sont beaucoup plus sensibles, ses oscillations plus étendues, et leur durée plus considérable. Les plus grandes digressions de Vénus varient depuis cinquante jusqu'à cinquante-trois degrés; et la durée moyenne de ses oscillations, ou de son retour à la même position relativement au soleil, est de cinq cent quatre-vingt-quatre jours. La rétrogradation commence ou finit quand la planète , en se rapprochant le soir du soleil, ou en s'éloignant le matin, en est distante d'environ trente-deux degrés. L'arc de sa rétrogradation est de dix-huit degrés à peu près, et sa durée moyenne est de quarante-deux jours. Vénus ne se meut point exactement sur le plan de l'écliptique, dont elle s'écarte quelquefois de plusieurs degrés.
Les durées des passages de Vénus sur le disque solaire, observées à de grandes distances sur la terre , sont Irès-sensiblement différentes, par la même cause qui fait différer entre elles les durées de la même éclipse du soleil dans divers pays. En vertu de la parallaxe de cette planète, les divers observateurs la rapportent